mardi 5 février 2019

ONZE-INFINI(MENT) RECONNAISSANT : LECTURES D’HAMAIKA


©Anastasia Parrotto 

Sélection Prix des Dévoreurs de livres
Sélection Prix Tatoulu Bleu
Sélection Livrentête Premières lectures
Sélection Prix Benjamin de la Bibliothèque municipale de Saint Benoît 
Sélection Pépites 2019 Fiction Junior SLPJ


Une poule, un poisson.
« Un petit oiseau, un petit poisson s’aimaient d’amour tendre. Mais comment s’y prendre, quand on est là-haut… »
Et bien, non, ce n’est pas du tout ça, ce n’est pas une histoire d’amour !
Ils n’étaient pas faits pour se rencontrer et pourtant… La poule est curieuse et veut découvrir son environnement, et les gens qui le peuplent. Lui ne veut pas passer sa vie à suivre son banc mais préfère découvrir le monde. Bah oui, finalement, ils étaient faits pour se rencontrer.
Voilà une petite histoire parfaite pour des enfants d’âge CE 2. Pas trop facile à lire, le texte se mérite, c’est de la littérature, au diable sujet-verbe-complément, il y a du vocabulaire, des phrases syntaxiquement riches. Bref, on ne prend pas l’enfant pour un abruti.
Et puis le sujet abordé l’est d’une façon originale et ça c’est génial ! C’est un livre sur l’acceptation de la différence, mais aussi sur l’amitié, qui va, qui vient. Un ami, on ne le mange pas ! C’est un livre humain. Et oui cela peut paraître paradoxal quand il s’agit d’animaux, mais ces bestioles-là sont pleines d’humanité. Elles s’intéressent à autrui, elles observent le monde et cherchent à le comprendre. Un monde qu’on doit se partager.
N’est-ce pas les humains ? LE PARTAGE DE LA TERRE, ça vous parle ?
Et la fin est superbe, bigarrée, et bigrement optimiste.
Pour conclure, ce petit livre A OFFRIR est superbe, les illustrations sont très belles, très colorées, et le livre est cousu ! Oui, oui ! Cousu ! C’est un très bel objet.
Le blog de Krol


©Anastasia Parrotto 


Je suis heureuse de disposer de petits livres comme celui-ci pour partager l'intelligence et la pertinence du propos avec les enfants que j'accompagne. C'est l'histoire d'une petite poule Hamaika, toujours le bec en l'air car très curieuse. Elle observe le monde et s'aventure. Difficile pour elle de demeurer dans un espace clos. Au hasard de ses découvertes, elle rencontre un poisson. Il n'a pas de nom, c'est un être libre. Cette nouvelle amitié permet d'aborder avec subtilité toutes les facettes de la relation à l'autre: l'admiration, le partage des savoirs et des divertissements, les mensonges par délicatesse...les amis vont philosopher ensemble. Et ce terreau d'idées permet de devenir citoyen du monde. Un texte subtil signé Pierre Zapolarrua, illustré par Anastasia Parrotto, aux jolies éditions MeMo- petite Polynie.
Instagram, Le monde de Mirontaine


©Anastasia Parrotto 

Se pose aussi simplement dans Hamaika la question de l’appartenance et de l’identité. Pour quelle raison devrait-on être de quelque part, se demande Hamaika, tout en étant attaché à son territoire. Et de découvrir que malgré ses différences avec le poisson, nous sommes tous semblables. Il est aussi question du rejet, de la différence, de la peur d’aller vers l’autre quand il ne nous ressemble pas. Et l’on voit une poule à queue de poisson, et l’on pense forcément à la célèbre chanson de Juliette Gréco narrant l’histoire du petit poisson et de l’oiseau qui s’aimaient tendrement mais ne savaient pas comment s’y prendre. La chanson constatait l’état de fait mais n’apportait guère de solutions à ce cruel dilemme. Avec Hamaika, après maints déboires et pérégrinations, un “happy end” est au programme mais on ne vous le dévoilera pas.
Mediabask l’hebdo


©Anastasia Parrotto 

Une amitié va naître entre ces deux êtres que tout oppose et rassemble à la fois. Tout à leur joie de cette amitié, Hamaika et Jonas décident de rencontrer leurs familles respectives. Pour se faire, Hamaika trouve une astuce pour emmener le poisson dans la ferme et inversement, le poisson trouve un moyen d’emmener Hamaika dans l’océan mais ces rencontres ne se passent pas comme ils l’imaginaient. Les deux amis s’interrogent sur le fait que ni les poules, ni les poissons n’ont apprécié ces rencontres. Ils sont déçus.
Puis l’été arrive, la plage est envahie par les touristes et il devient difficile pour Hanaika et Jonas de se rencontrer sauf quand la plage est désertée par les humains ; leurs rencontres se font donc de plus en plus rares.
L’été prend fin, Hamaika retourne sur la plage à la recherche de son ami, mais nulle trace. Où est-il ? Les jours passent sans apporter de réponse. La petite poule est triste et elle continue d’aller sur le rivage par habitude mais sans vraiment chercher son ami. Et un soir où elle en revient, des événements étranges se produisent qui lui redonnent le sourire….
C’est un beau roman sur l’amitié, la différence, l’acceptation de l’autre. L’auteur aborde également l’idée du regard sur le monde extérieur, de la soif de connaissance qui permet d’éliminer les barrières et d’ouvrir de nouveaux horizons. Les illustrations, très colorées et douces à la fois, accentuent le côté poétique de l’histoire.
Opalivres


Un jour sur une plage Hamaika, petite poule curieuse et rêveuse rencontre Jonas petit poisson du même acabit. Mais que peuvent bien partager une poule et un poisson ?!
Une tendre histoire d'amitié à contre-courant. Encore une PÉPITE de la collection Polynie qui nous offre toujours de très beaux textes !
Librairie Comme un roman


©Anastasia Parrotto 

Le ton de cette histoire, la façon dont elle est écrite, est un vrai bonheur de lecture ! Fraîcheur et profondeur se côtoient dans un joyeux babil entre ces deux-là. Le lecteur se demande sans cesse jusqu'où cela va bien le mener : en tous cas, à une réflexion philosophique à hauteur d'enfant qui porte sur la différence certes, mais aussi et surtout sur notre capacité à l'accepter ou pas, loin des préjugés. C'est une histoire qui parle de dépassement de soi pour aller vers l'autre pour peu qu'on soit positif et que finalement, même chez les plus récalcitrants, des métamorphoses inattendues finissent par se produire.
Rythmé, joyeux, profond, ouvert, voici un roman de Pierre Zapolarrua qui oblige à se creuser les méninges, à accepter l'inattendu quand il se présente avec des illustrations d'Anastasia Parrotto colorées, pleines d'humour et de vie.
J'ai vraiment adoré cette détermination, cette joie de la rencontre, cette envie d'aller voir plus loin que le bout de son nez ! Une récréation en ce début d'année !
Cette collection Petite Polynie chez MeMo trace sa route de bien belle manière dans le paysage éditorial de ce genre si formaté aujourd'hui qu'il devient difficile d'en extraire des pépites.
Meli-Melo





©Anastasia Parrotto 



Quand je pars en Polynie, je sais désormais que je reviendrai ravie de mon voyage.
#UnePouleEnPolynie
Voici encore un très beau titre paru en Petite Polynie chez Mémo. Que c'est bien écrit et que c'est joli ! J'utilise deux termes simples peut-être mais c'est vraiment ce que je me suis dit.
Quel plaisir, avant lecture, que de tourner les pages de ce roman ! C'était déjà un voyage en soi.
Je découvre Pierre Zapolarrua au texte mais aussi Anastasia Parrotto au dessin qui allient ici leurs talents respectifs pour une histoire d'amitié touchante qui nous invite à la tolérance.(…)
Cette rencontre aurait pu ne jamais avoir lieu et cela aurait été fort dommage.
A travers le récit de celle-ci, l'auteur aborde de nombreux sujets essentiels. Il pose également de bonnes questions et y répond avec beaucoup d'humour et de poésie.
A-t-on besoin d'être pareils pour être ensemble? Est-ce important de s'ouvrir aux autres ? Est-ce facile? Pourquoi on ne se comprend pas parfois? Des interrogations simples mais qui sont, quoi qu'il arrive, toujours d'actualité...
Côté écriture, j'ai trouvé ça vraiment très agréable à lire (comme les précédents romans dans cette collection) avec la présence importante de dialogues qui facilite et rythme la lecture. C'est très vivant ! On suit les échanges de la poule et du poisson avec beaucoup de plaisir.(…)
Ce texte est court mais il est en revanche très dense en matière de réflexions amenées sur le rapport aux autres. 
Par ailleurs, la poésie, dont je parlais précédemment, se manifeste aussi dans les illustrations de ce roman. En même temps, c'est une véritable explosion de coups de crayons vifs et de couleurs qui nous entraîne dans le monde de l'un et de l'autre, sur terre ou au fil de l'eau.  Les volatiles comme les habitants des mers sont assez amusants avec leurs grands yeux étonnés. Si pour Hamaïka et Jonas, ils laissent transparaître une grande curiosité, c'est plutôt la bêtise ou l'ignorance qu'on y lit dans ceux des autres. En tout cas, dans ce roman, le dessin d'Anastasia Parrotto est une véritable révélation pour moi ! Je suis vraiment tombée sous le charme.
Hamaïka et le poisson est un roman abouti à tous les points de vue.
HashtagCéline


©Anastasia Parrotto 


On entend ou lit parfois que nous avons beaucoup à apprendre des animaux. Les livres pour la jeunesse ne nous contrediront sûrement pas, n’est-il pas ? Eh bien dans ces deux petits romans, à destination des plus jeunes, vous verrez que les animaux ne manquent pas de sagesse !
Superbe découverte que ce texte plein d’intelligence de Pierre Zapolarrua ! Ou comment une petite poule tête en l’air mais avide de connaissances, de découverte du monde et des autres se lie d’amitié avec un poisson tout aussi exceptionnel qu’elle. Récit d’une amitié naissante, bien sûr, d’un apprentissage de l’autre dans ses particularités, il est aussi question du dépassement de soi et de tolérance. S’il n’est pas toujours simple de constater que les autres ne sont pas aussi ouverts d’esprit que soi-même, notamment lorsque les deux amis voudront se présenter à leurs familles respectives, Hamaika ne baisse pas les bras et, malgré les doutes, continue à se battre pour un monde plus grand, meilleur… Une écriture vive, rythmée, non dénuée d’humour et de malice : des adjectifs que l’on peut accorder également aux illustrations d’Anastasia Parrotto dont j’ai adoré le style !  Une magnifique Petite Polynie qui donne de l’espoir et des couleurs à ce début d’année !
Bob et Jean-Michel, Cinq étoiles


Hamaika est une petite poule curieuse ayant soif d’aventures et dans cette poulette, j’ai retrouvé beaucoup de moi. Aussi loin qu’il m’en souvienne, je me suis toujours sentie hors du lot. Enfant, j’avais déjà une envie folle de découvrir les autres, la différence et les autres. (…) L’enthousiasme de découvrir pleinement cette vie qui nous est offerte avec tout ce qu’elle a d’étrange, de différent, de magnifique et parfois aussi de tragique.
Petite Fleur Loves Books


Les poissons ont coutume d'évoluer dans l'eau et les poules sur la terre ferme, mais il est un être singulier, Hamaika, “une poule maigrichonne au plumage peu épais et aux longues pattes frêles”, qui va bousculer tout cela!
Hamaika est curieuse et ne se satisfait pas vraiment de son quotidien… elle va frayer du côté de la mer et rencontrer un poisson. Tous deux vont se lier d'amitié et bousculer le fait que “chacun préfère rester entre soi”.
*Hamaika et le poisson* est un texte singulier qui invite à sortir des sentiers battus. Tout comme le fait la superbe collection Polynie dont ce texte fait partie. Le monde de Pierre Zapolarrua est mis en images et en couleurs par Anastasia Parrotto et c'est drôlement beau… 
“Tout arrive ici bas. Et parfois même le meilleur, pensa Hamaika.” 

Chez Gaëlle la libraire


Coup de cœur de La librairie La Marge


A contre-courant de l’impossible
Quelques grains de réflexion picorés dans cette lecture
Se baisser pour entendre la voix de l’amitié
Marcher sur la queue d’un poisson, cela peut arriver à tout le monde. Certains, s’en apercevant, le contourneront et continueront tranquillement leur chemin. D’autres passeront dessus en l’ignorant complètement. Mais combien parmi nous s’attarderont pour l’écouter ?.. Hamaika, une poule unique dans son genre, guidée dans la vie par une curiosité insatiable, a su non seulement écouter mais aussi entamer une conversation avec celui qui était coincé par mégarde sous ses pieds. Et cela a chamboulé son existence de poule. Car parfois les plus belles amitiés naissent d’une voix provenant d’en bas.   
Hamaika a écouté, éblouie, fascinée. Le petit poisson lui parlait des crépidules, des coquillages, des hippocampes et d’autres merveilles sous-marines totalement inconnues pour elle. Avec ses mots enthousiastes, il dessinait un monde caché, sublime qui s’ouvrait devant Hamaika comme la promesse d’une expérience exceptionnelle. Elle était impressionnée par ce petit poisson, elle était enchantée par cette rencontre, elle avait aussi envie de partager avec lui ses propres découvertes. Et elle a parlé. Car une amitié, c’est aussi parler en écoutant l’autre. C’est également cette envie de partager des instants magiques savourés en solitude.
(…) (…)
C’est pour cette raison que l’histoire de Hamaika et de Jonas est si belle, si touchante, si humaine. Prouesse de la part de l’auteur, de pouvoir trouver les mots qui parlent et se font entendre, qui disent juste et se font comprendre, qui se posent sur les actions, les sentiments et les réflexions avec délicatesse et sincérité. Au moment où l’on peut penser que tout avait déjà été dit sur l’amitié (et que cela ne vaut pas la peine de s’y attarder), les mots de Pierre Zapolarrua apparaissent pour nous dire le contraire. Et nous fasciner. Les mots simples, les mots recherchés, les mots nourrissants, les mots germés comme des petites graines à picorer doucement en dégustant cette grande aventure de Hamaika et Jonas.
Quelles couleurs déployer pour dessiner l’amitié de Hamaika et du poisson ? Quelle forme attribuer à leur univers ? Anastasia Parrotto va chercher dans des teintes chaleureuses, elle éclabousse les pages avec des nuances de rouge-rose-jaune-orange-gris délavés, elle fait fleurir les corps du texte avec des feuilles plumeuses et des plumes feuilletées, elle fait tomber par ci, par là des touches rieuses, humoristiques. Et elle trace des lignes multicolores à l’infini.
Les atours graciles et lumineux pour ce nouveau roman de la formidable collection « Petite Polynie » dirigée par Chloé Mary. Un roman profond, universel et d’une terrible actualité.
Un roman comme un écho de nos espoirs pour l’Humanité. Un roman comme un arc-en-ciel de l’amitié.
Un bijou.
Balad’en page


Les pattes et les plumes d’Hamaika ne restaient jamais en place. Les unes couraient en tous sens quand les autres virevoltaient dans les airs. Pressée de découvrir le monde, chaque matin la poule, quittait la bassecour et ses ennuyeuses consœurs, pour voler vers de nouveaux horizons. Curieuse, elle observait les paysages et ceux qui les peuplaient. Passionnée, elle aimait apprendre et enseigner. Joyeuse, elle adorait s’amuser. Sociable, elle écoutait et discutait. Serviable, elle aidait et protégeait. Pour Hamaika, la vie était fantastique, sublime, merveilleuse.
Un jour qu’elle marchait sur la plage, une petite voix se fit entendre. Oh elle écrasait la queue d’un poisson! N’ayant pas senti l’océan se retirer, le petit poisson aux écailles d’argent se trouvait dans un trou d’eau. Tout à ses observations et réflexions sur les coquillages face à lui… Qu’il était passionnant, ce poisson, se dit Hamaika.
Tout de suite, ils se plurent. Et longuement conversèrent, rirent, s’échangèrent des idées… L’un venait de l’eau, l’autre de la terre. Ils étaient différents et pourtant se comprenaient. Plumes ou écailles, cela leur était bien égal. L’essentiel, c’est qu’ils adoraient être ensemble. C’est souvent ainsi que naissent les amitiés les plus belles : des dissemblances. Chacun porte en soi tellement de richesses, de connaissances, de sentiments qu’il peut transmettre, inspirer, distribuer.
Malheureusement, il y aura toujours des grincheux, des êtres impassibles, des sceptiques. Hamaika et Jonas – ainsi nommé par la poule – en  feront les frais. Leurs congénères respectifs accueilleront durement les deux amis. Ah la bêtise et l’ignorance !
Heureusement, l’amitié donne tantôt  des ailes tantôt une carapace. Poule et poisson se préserveront l’un l’autre et peut-être que leur amitié profonde aura quelques répercussions… qui sait?! Vous. Quand vous aurez lu cette histoire.
« Tout arrive ici bas. Et parfois même le meilleur… »
Des illustrations comme des jaillissements et des mots puissants susceptibles de changer les  ruisseaux en torrents.
« Il en va des poules comme des autres animaux. Chacun préfère rester entre soi, entre poules en l’occurence, sans souci de ce qui se passe ailleurs. Mais il est quelques individus, parfois, un peu différents. Hamaika était de ceux-là. »
Les mots de la fin

« Un petit poisson, un petit oiseau
S’aimaient d’amour tendre
Mais comment s’y prendre
Quand on est dans l’eau
Un petit poisson, un petit oiseau
S’aimaient d’amour tendre
Mais comment s’y prendre
Quand on est là-haut. »
Il y a plus de cinquante ans, Juliette Greco chantait déjà avec humour les obstacles aux relations unissant les êtres trop différents. Et de fait, les volatiles comme les animaux aquatiques préfèrent généralement rester entre semblables, méconnaissant et craignant les autres espèces. Mais heureusement, il y aura toujours des passeurs, des individus ouverts et curieux qui s’accommodent mal des frontières… Hamaika, par exemple : cette poule maigrichonne aux yeux clairs, plus intéressée par l’exploration du monde que par les grains à picorer dans la cour. Déterminée, elle sent pourtant bien à quel point elle est singulière parmi ses consœurs. Mais un beau jour, elle fait la rencontre d’un poisson. Un poisson tout aussi singulier… C’est le début d’une amitié qui est loin d’être une évidence, mais les deux compères débordent de créativité pour surmonter les petits obstacles pratiques !
Cette fable de haute fantaisie est un concentré, en 70 pages à peine, de tout ce que nous aimons : des personnages drôles et attachants, des trésors d’imagination, des propos philosophiques à hauteur d’enfant et des aventures palpitantes. Les illustrations pleines de couleurs sont un plaisir pour l’œil et ont beaucoup parlé aux enfants (avec une palme pour le poisson qui tente de retenir sa respiration, qui les a fait rire aux éclats !). C’est un vrai roman arc-en-ciel que voilà ! Vous imaginerez aisément que nous n’en avons fait qu’une bouchée, ne boudant pas notre plaisir de voyager une fois encore en Petite Polynie, grâce à Chloé Mary que nous remercions chaleureusement pour cette nouvelle pépite.
L’île aux trésors


Comment résister à ces deux compères? Hamaika et le poisson ont cette candeur que chacun devrait garder tout au long de sa vie. Ils ne voient pas le mal et cherchent la beauté partout où leurs yeux se posent. Leur curiosité les amène à découvrir les autres sans jugement et avec une réelle envie de connaissance.
Ce livre est une petite perle écrite avec un langage recherché (mais tout à fait abordable!). Ici, on ne simplifie pas à l’extrême, les mots sont choisis dans toute leur complexité et l’enfant qui lira cette histoire, pourra apprécier l’humour qui se dégage de ces pages.
Pour amener une autre dimension ou plutôt pour appuyer le propos, les dessins d’Anastasia Parrotto attirent l’œil de leurs couleurs chatoyantes.
Mes pages versicolores


Hamaika est une poule très curieuse, bien plus que ses petites camarades qui restent cloîtrées dans leur poulailler. Poisson est un petit poisson sans nom qui rêve autant qu'Hamaika de nouveauté et d'aventures. Tous deux, aussi différents que peuvent l'être une poule et un poisson, vont se rencontrer et se lier d'une tendre amitié, forte, généreuse, drôle... à tel point qu'ils vont se faire découvrir leurs mondes respectifs et leurs congénères; ce qui n'est pas sans mal tant il est difficile d'être accepté quand on est l'autre, l'étranger... Encore une petite pépite de la collection Petite Polynie. Les éditions MéMo nous offrent un roman jeunes lecteurs riche en vocabulaire, profond et tellement joli pour aborder les différences, les préjugés, l'ouverture sur le monde, le dépassement de soi. Joyeux et positif !!! Une belle leçon de philosophie...
Librairie Durance, Coup de cœur, Carole


Je poursuis mon exploration de la collection Petite Polynie dirigée par Chloé Mary avec ce nouveau titre, Hamaika et le poisson (paru le 17 janvier) de Pierre Zapolarrua et Anastasia Parroto et je suis toujours aussi enthousiaste. Quel plaisir de conseiller en librairie des textes d’une si belle qualité pour les jeunes lecteurs, où l’illustration a également une place toute particulière, aussi importante. (…)
Sachez que j’ai adoré suivre les aventures d’Hamaika et de Jonas, j’aime leur façon de voir le monde, sans préjugés et sans a priori. J’ai beaucoup ri, surtout lorsque nos deux personnages partent explorer les habitats de l’autre, quel incroyable voyage pour l’une comme pour l’autre ! Et si tout le monde pouvait voir le monde et l’inconnu ainsi, la vie ne serait que plus belle. Ce livre est un très joli message de tolérance et d’ouverture aux autres.
C’est une véritable réflexion philosophique, que je recommande dès l’âge de 7 ans pour les bons lecteurs. Mais je pense aussi que c’est une belle histoire que les parents peuvent lire aux enfants à voix haute afin de partager ensemble un moment particulier.
Val et ses livres


Quel joli texte plein d’intelligence et de sensibilité…
Hamaika, petite poule très curieuse, vit dans un monde rassurant. Jusqu’au jour où elle fait une jolie rencontre : Jonas, le poisson.
Récit d’une amitié naissante. Chacun s’invite, dans son monde. Et, là, on s’aperçoit que les autres ne sont pas toujours ouverts d’esprit.
Belles illustrations. Roman poétique et plein d’espoir. Que du bonheur !
La boîte à bonbecs Le blog des secteurs jeunesse des bibliothèques municipales de Chambéry


J’ai encore trouvé une petite pépite. Hamaika et le poisson de Pierre Zapolarrua, illustré par Anastasia Parrotto, nous sommes encore dans la collection Polynie mais que voulez-vous ils font des livres géniaux. (…) Alors pourquoi cet Hamaika et le poisson est magnifique parce qu’il nous raconte tout en finesse, tout en délicatesse, tout en humour, tout en philosophie, l’histoire d’une rencontre, la rencontre entre Hamaika, Hamaika c’est une poule curieuse, qui tourne un peu en rond dans son poulailler, elle a envie de découvrir un peu les horizons, et autour de sa ferme il y a la mer. Et la mer l’attire, un jour elle va sur la plage, et dans une flaque d’eau, parce que la mer vient de se retirer, elle découvre un poisson. (…) C’est plein de petites touches très très bien vues, que les enfants peuvent tout à fait capter, on peut en discuter avec eux, jusqu’au moment où chacun va vouloir faire rencontrer à ses congénères son nouvel ami. (…) Ce texte est rempli d’une douce poésie et folie. Vraiment c’est très très beau. Je vous invite vraiment à le découvrir. (.. .) Encore un nouveau coup de cœur.
Onlikoinou


On entre dans ce livre sur la pointe des yeux, sensible à la vivacité rouge et or des images, à la limpidité du texte, à la couleur singulière des mots. L’univers est celui de la fable, mêlant haute fantaisie et piquante philosophie : « Il en va des poules comme des autres animaux. Chacun préfère rester entre soi, entre poules en l’occurrence, sans souci de ce qui se passe ailleurs. » Hamaika est différente, pourtant. Maigrichonne, souvent à l’écart, éprouvant avec difficulté l’étroitesse de son territoire. Une poule curieuse et aventurière en somme, capable de courir loin, jusqu’à la plage. Et voilà qu’un jour, sans le vouloir, Hamaika marcha sur la queue d’un poisson. Que croyez-vous qu’il arriva ? Nous n’en dirons rien évidemment, sinon que Hamaika et Jonas vont devenir amis, se découvrir, s’instruire, s’entretenir, s’enrichir. Leur histoire est pleine d’imprévus évidemment, et de malice aussi. Pas facile de se rencontrer quand on est si différents. On se souvient de cette chanson de Juliette Gréco : « Un petit poisson, un petit oiseau/S’aimaient d’amour tendre/Mais comment s’y prendre/Quand on est dans l’eau... » Les deux héros de notre fable ne manquent fort heureusement pas d’idées. Ni de sagesse que les auteurs, avec une grâce infinie, savent si bien mettre à hauteur d’enfant : « Tout arrive ici bas. Et parfois même le meilleur. »
Télérama, TTT


Hamaika est une petite poule curieuse qui aime explorer le monde, loin de son poulailler, contrairement à toutes les autres poules, casanières. Un jour, elle marche sur la queue d’un poisson. Et tous les jours, le poisson et la poulette se donnent rendez-vous sur la plage, où ils échangent leurs points de vue sur le monde. Un jour, Hamaioa emmène le poisson – qu’elle nomme Jonas – au poulailler, moyennant des efforts d’imagination pour le transporter sain et sauf. Le caquetage des poules l’émerveille, alors qu’elles le rejettent et ne voyent que nourriture en lui. Expérience inverse le lendemain : silence des poissons devant la poule, elle aussi fascinée par le monde aquatique et ka collectivité des poissons. Quand arrive l’été, les hommes envahissent la plage, Jonas et Hamaika se perdent de vue. Mais à l’automne, surprise : les poules côtoient désormais une grande variété d’animaux.
Pierre Zapolarrua évoque la rencontre entre deux mondes qui savent n’avoir rien en commun : le monde du collectif – celui du banc de poisson – où nommer les êtres et les choses n’a pas de sens, le monde de l’individu curieux qui trouve sa singularité en se marginalisant, qui explore le monde avec ravissement. Le roman – essentiellement écrit sous forme de dialogue – dit cette découverte mutuelle du monde de l’autre avec beaucoup d’humour et invite à aller vers l’autre plutôt que de rester entre semblables. C’est que le monde de l’autre s’avère être d’une extraordinaire richesse : seuls les imbéciles et les ignorants passent à côté, englués dans leurs routines. La conclusion est une ouverture qui fait preuve d’un bel optimiste quant à l’élan vers les autres de ceux qui étaient le plus refermés sur eux-mêmes. Rien de pédant pourtant dans ce livre : tout est vu à hauteur d’enfants, qui apprécieront la scène désopilante du poisson dans le poulailler, ou la poule munie de son tuba pour respirer sous l’eau.
Les illustrations, riches en couleur, rendent les personnages particulièrement expressifs et ne cherchent pas à les humaniser.
Une fable philosophique pleine de fantaisie pour transmettre la confiance dans l’autre et l’envie de laisser tomber les barrières..
Lietje

Sélection SLPJ+ Bonnes lectures : premier roman


Coup de cœur des libraires Lire en poche Gradignan, Librairie Comptines

Notre chouchou des premiers romans. L'histoire d'une amitié entre une poule et un poisson. Jolie histoire pleine d'humour sur les joies de l'altérité. (6-9 ans)
France Info Culture, Laurence Houot

©Anastasia Parrotto 


Hamaika et le poisson
Pierre Zapolarrua
Illustrations d'Anastasia Parrotto
Petite Polynie, MeMo

mardi 22 janvier 2019

ANASTASIA PARROTTO, TEMPS LIBRES
Le temps de l’imaginaire naissant, le temps de se tromper, le temps de chercher sur la page, le temps de l’histoire et du regard porté, le temps partagé entre une poule et un poisson. Rencontre autour de l'imaginaire et de la recherche, du cadre vivant et du roman de Pierre Zapolarrua, Hamaika et le poisson (Petite Polynie)


©Anastasia Parrotto

PREMIERS TEMPS, IMAGINAIRE VIVANT
J'ai suivi mes premiers cours de dessin à l'Académie des Beaux-arts de Charleroi, j'avais environ quinze ans. C'était bien, on dessinait des modèles vivants. C'était pour moi la première fois que je dessinais de vraies personnes. Avant ça, c'était des dessins plutôt imaginaires. Je découvrais le dessin d'observation.
Après avoir obtenu mon diplôme d'humanités générales, en langue moderne, je suis allée  étudier dans l’école supérieur artistique bruxelloise, l'Erg.
L'Erg est une école de recherche graphique. J'ai surtout travaillé l'illustration, la narration et le livre même.
J'ai réalisé un mémoire sur le livre d'artiste.
J'aime bien osciller entre théorie et pratique. Grâce à cela, j'ai rencontré des personnes qui réfléchissaient eux aussi sur le thème du livre d'artiste, mais aussi, à l'édition jeunesse.
Cela m'a permis de voir beaucoup de choses, de découvrir des auteurs, de lire et de me questionner sur l'illustration et sur mon travail.
A la sortie de l'école supérieure, j'ai travaillé durant quatre années dans une librairie, où je m'occupais d'un rayon de livre jeunesse.
Je lisais énormément, et j'avais la chance de pouvoir regarder tous les livres que je désirais.
Depuis deux ans, je suis enseignante d'arts plastiques et d'histoire de l'art dans une école secondaire de Bruxelles.
Je jongle entre mon travail d'illustratrice et celui d'enseignante, qui se nourrissent mutuellement.
©Anastasia Parrotto
©Anastasia Parrotto


PRENDRE LE TEMPS RECOMMENCÉ
Mon désir est de continuer à chercher et à réfléchir à l'illustration, à l'histoire de l'art, au dessin et à la couleur. À travers la lecture, la pratique, les découvertes et les voyages.
J'aime prendre le temps, tester, me tromper, recommencer.
Je souhaite continuer à travailler avec des auteurs et des professionnels du livre, c'est très nourrissant et motivant.


©Anastasia Parrotto

TROUVER LE TEMPS DE LA RECHERCHE
Je fais des recherches sur des photos, des livres, des images qui pourraient nourrir mon travail.
Je réfléchis aux couleurs. Je fais des tests, des mélanges, des associations.
À côté de cela, il y a le travail des personnages, s’il y en a.
Ensuite vient l'organisation du livre, le chemin de fer, qui est pour moi une partie difficile mais nécessaire.
J'ai besoin de temps pour travailler. Je recommence souvent.
Je n'ai pas vraiment de méthode efficace, je me trompe beaucoup... mais avoir le temps de chercher est important.
Je travaille avec la table lumineuse.  Cela me permet d'associer et de composer des éléments entre eux.
Ces derniers temps, j'aime travailler à l'aquarelle. De manière assez pure, avec très peu d'eau et puis avec beaucoup d'eau pour faire des contrastes.
Ensuite, j'aime donner vie à des personnages, lorsque j'y arrive. J'aime les voir changer sur la feuille.

©Anastasia Parrotto
©Anastasia Parrotto

CADRER LE TEMPS DES HISTOIRES 
J'ai découvert la notion de cadrage lorsque je faisais mes études d'illustration.
C'est là que j'ai commencé à réfléchir à la narration et à la mise en page. Comment jouer avec les dessins. Comment les mettre en évidence, et des fois comment cacher des imperfections...
Cela m'a permis d'imaginer des techniques pour raconter des histoires sans dessiner à la perfection.
En découvrant le cadrage, j'ai découvert la manipulation des images. D'où mon intérêt pour les livres d'artistes. Cela a changé beaucoup de choses pour mon travail.
En lisant des albums jeunesse, j'ai appris que le dessin était aussi important que le cadrage, alors maintenant, j'essaie de faire les deux.


©Anastasia Parrotto


©Anastasia Parrotto

HAMAIKA ET LE POISSON, VIVRE ENSEMBLE SUR LA FEUILLE
À la lecture du texte, Hamaika et Jonas m'ont attendrie rapidement.
Un poisson et une poule, la terre et la mer, une sorte de distraction et de sérénité, la rapidité et le calme caractérisant les deux personnages. Ils sont très différents, mais graphiquement très parlants.
J'ai beaucoup aimé ça. Une différence nettement palpable mais qui ne va pas les empêcher de vivre ensemble, également sur une feuille. J'ai commencé à réfléchir à comment je les dessinerai.
J'ai relu le texte plusieurs fois.
J'ai aimé les environs dans lesquels ils vivaient, j'ai imaginé les couleurs, les contrastes.
Là, où j'étais il y avait un poulailler, je suis allée voir les poules, et j'ai commencé à les dessiner et le projet a pris forme.
Je voulais un univers coloré et de la tendresse entre les personnages.
Il fallait trouver un moyen de les faire tenir tous les deux sur une feuille de papier, malgré leurs différences.
Enfin, mon intention était d'essayer de rejoindre le texte de l'auteur en démontrant l'intérêt des différences et de la rencontre de celui qui à première vue, ne nous ressemble pas.
Un beau défi.

©Anastasia Parrotto

jeudi 17 janvier 2019


SÉLECTIONS PRIX SORCIÈRES
Carrément passionnant mini et Carrément passionnant maxi


AUDREN
La petite épopée des pions 

Illustrations de Cédric Philippe
Petite Polynie



©Cédric Philippe


NASTASIA RUGANI
Milly Vodović

Couverture de Jeanne Macaigne
Grande Polynie





jeudi 10 janvier 2019

NE PAS BAISSER LES AILES
Rencontre avec Pierre Zapolarrua, auteur de Hamaika et le poisson. Où l’on parle de poule et de poisson, de gentillesse et d’idéalisme, de grand cirque, où l’on se bouge et l'on milite, se frotte à l’autre plutôt que de le manger, dans un bain de belles chaleurs résistantes.



QUI DE LA POULE ET DU POISSON ? OU DE L’ORIGINE D’UNE HISTOIRE
Hamaika est née d’une discussion avec mon épouse, à propos de l’autre, de l’altérité. Elle a parlé de poule et de poisson... et l’idée a fait son chemin. Peu à peu, et classiquement j’imagine, se sont construits les personnages, leurs caractères, la trame puis un plan. L’improvisation n’existe que dans les détails, le reste est construit en amont. Le thème (ici, c’est l’acceptation de l’autre) demeure le guide. Et j’essaye alors de ne pas m’en écarter pour éviter que le texte parte en tous sens. 

©Anastasia Parrotto
Hamaika était souvent à l’écart, s’éloignant du petit territoire que parcouraient jour après jour les poules. Non pas parce qu’elle n’aimait pas les autres, ou que les autres ne l’aimaient pas. Au contraire, tout le monde la trouvait très gentille et serviable, même si un peu tête en l’air. Non, elle voulait simplement aller plus loin, juste pour voir, savoir. Elle était curieuse de tout. Tout l’étonnait, l’enchantait. Tout était digne d’intérêt, d’observation minutieuse.


« TELLE ÉTAIT HAMAIKA»
Hamaika est gentille. J’aime beaucoup cette qualité, la gentillesse. Car c’en est une ! De fait, elle écoute, regarde, s’intéresse, est attentive à ce et ceux qui l’entourent. Et tout ça sans aucun a priori. La curiosité est donc sa qualité seconde. Tout est digne d’intérêt pour elle, sans hiérarchie ni classement. « Faire miel de toutes choses » disait le grand historien Lucien Febvre.
Hamaika est également naïve et optimiste, mais pas idiote pour autant ! Elle sait que le monde n’est pas à son image. Il est tellement divers, varié, pour le meilleur comme pour le pire. Elle en a conscience, et même si elle espère le mieux, même si elle agit en ce sens, elle sait que les obstacles sont nombreux. Mais elle essaye, sans baisser les ailes ! Pas obstinée, mais convaincue. Une sorte d’idéaliste en somme.
En fait, malgré son appartenance gallinacée, elle est très humaniste, dans le sens historique du terme ! Mais sa République des lettres à elle, se limite à son ami Jonas. C’est un début...

— Bonjour. Excuse-moi, mais j’ai complètement oublié de me présenter hier. Je m’appelle Hamaika.
Elle parlait avec précipitation, le souffle court, tant elle avait de choses à dire, à demander.
— Améqua ?
— Non, Hamaika. A-maille-ka !
— Hamaika ! Très bien, très bien, dit le poisson sans conviction. Ça veut dire… quoi ?
— Dans ma langue, Hamaika veut dire « onze ».
— Onze ?
— Oui, je suis la onzième de ma famille. Hi hi hi !
— Et tes frères et soeurs ont tous un numéro aussi ?
— Non, bien sûr ! En fait, c’est un jeu de mots. Hamaika veut dire « onze », mais veut aussi dire « infini ». Tu comprends ?
— Tes parents t’ont appelée Onze-Infini ?

©Anastasia Parrotto

ONZE-INFINI : HAMAIKA LA POULE AUX MILLE VISAGES
Hamaika est une figure éminemment positive. On retrouve l’image des humanistes de la Renaissance, poètes et scientifiques, ouverts sur tout. Avec une démarche très empirique : essayons, on verra bien ! Elle figure en ce sens cette soif inextinguible de connaissances, cette infinité de connaissances, comme il y a une infinité d’êtres, d’existences qu’une vie entière ne suffit pas à embrasser.
C’est une source de joie, mais aussi d’inquiétude. Tout ne se passe pas toujours exactement comme on le souhaiterait, ni pour Hamaika, ni pour personne...
Plus que de durée, c’est de complexité dont il est question jusque dans son nom. Hamaika veut dire onze en euskara/basque, mais cela veut aussi dire beaucoup, infini. Jusqu’à dix, ça peut aller, après, les choses se compliquent. Trop peut-être. Alors comment organiser ce grand cirque, quels rapports construire, vers quelle société tendre, etc. Tout le monde a un avis, et les faire coexister dans un monde mondialisé est une vraie gageure. Alors il faut juste essayer, faire au mieux. Mais faire ! La durée s’inscrit dans l’action, sinon, c’est un peu vain. Et Hamaika, si elle est un peu rêveuse, est aussi une poule très concrète !

— Tu sais, lui dit le poisson comme pour la réconforter, ce n’est pas une question de distance : il suffit juste de regarder autour de soi, où que l’on soit.

©Anastasia Parrotto


REGARDER AUTOUR DE SOI, OÙ QUE L'ON SOIT
J’ai une formation d’historien, et à bien y regarder, depuis la rencontre entre Néandertal et Cro-Magnon, tout est souvent question de coexistence. Coexistences ethnique, sociale, genrée, etc... Et aujourd’hui encore, ô combien ! Et ce, à toutes les échelles : dans notre immeuble comme entre continents. À titre privé aussi. Un couple est une coexistence choisie pas toujours simple, avoir des enfants également. L’enfer, c’est l’autre !
Mais pourtant, l’humanité y est contrainte. Alors, qu’on le veuille ou non, c’est et ce sera comme ça, il faudra cohabiter de plus en plus. Nous sommes en train d’en poser les bases, de construire ce que pourra être cette coexistence. Je ne suis pas sûr pour l’instant que les solutions apportées, extrêmement exclusives, permettent une saine et durable construction. C’est là qu’est la déception, dans ce fatalisme passif ambiant. Hamaika, elle, bouge, essaye, agit. C’est une vraie militante.
Aussi, tenter d’apporter cette petite réflexion à de jeunes lecteurs, sans catastrophisme de type journaux télévisés, est un rôle, une tâche, mais surtout un plaisir pour moi. La recherche est peut-être là : apporter une réflexion, un questionnement sans y paraître.

Et quand enfin elles aperçurent la tête de Jonas dépasser régulièrement du sac plastique, elles se figèrent, pétrifiées, sans oser avancer davantage.
— N’ayez pas peur, les rassura Hamaika. Approchez, je voudrais vous présenter un ami. Approchez !
Les poules, obéissantes par nature, s’approchèrent pour former un cercle. On eut dit que leurs yeux essayaient de sortir de leurs orbites comme pour s’assurer de ce qu’ils voyaient. Pas un mot ne fut prononcé, pas un bruit ne vint troubler le silence. Seul Jonas semblait ne pas s’en apercevoir et observait avec une joie sincère tout autour de lui.
— Eh bien voilà, je vous présente Jonas, un ami, osa enfin Hamaika.
— Bonjour. Bonjour à toutes ! Je suis ravi de faire enfin votre connaissance, lança Jonas, enthousiaste. J’ai tellement entendu parler de vous. Aussi vous rencontrer est pour moi….
— Mais qu’est-ce que c’est que ça ? coupa une poule.
— Un poisson, ça se voit ! répliqua une autre.
— Je vois bien, mais qu’est-ce qu’il fait ici ? C’est le repas du jour ?

EN MEUTE
Il n’aura échappé à personne que l’individualisme est un marqueur de notre société. Mais c’est un leurre : nous existons beaucoup à travers les autres, notre inscription dans un groupe, aussi originaux, uniques pensons-nous être... Sauf l’ermite, isolé quelque part au milieu d’une forêt (et encore, il y aurait bien un drone quelconque qui le localiserait...), nous vivons en meute, avons un instinct grégaire. Et être confronté à ses semblables (on en revient à la coexistence), c’est un défi permanent.
Hamaika s’y frotte parfois avec succès, parfois avec douleur, comme chacun d’entre nous dans notre quotidien.

©Anastasia Parrotto

ON NE MANGE PAS SES AMIS
L’amitié, cette coexistence choisie, est une bien curieuse chose aussi. Souvent faites de certitudes... très changeantes ! Et c’est normal. Les individus, unis à un moment, suivent parfois des chemins tellement différents. Et alors, je crois qu’il n’est plus possible de faire exister à nouveau ce sentiment. Il est attaché à une période, et quand cette période est révolue, ce qu’elle a induit en termes d’amitié aussi.
C’est un peu douloureux sur le moment, mais ce n’est pas si triste que ça. Le changement permanent, en physique comme dans l’existence, est symbole de vie. C’est quand rien ne bouge qu’il y a un souci... Peut-être en amitié aussi ?

Hamaika continuait à observer cet étrange univers sous-marin. Elle voyait passer des ombres furtives, plus ou moins éloignées d’elle, distinguait des récifs couverts d’algues, ondulantes comme les fougères sous un vent régulier. Se laissant totalement aller, elle éprouvait un sentiment de familiarité. C’était finalement assez proche de la terre ferme, en plus sombre, avec une sorte de brouillard qui troublait la vue.

HAUTE POLITIQUE
Indéniablement. Hamaika et Jonas sont les petits activistes minoritaires qui empêchent non pas les choses de tourner rondement, ce serait l’idéal, mais d’être simplement injustes. Comment peut-on rejeter sans même savoir qui ? Comment peut-on à ce point se désintéresser de celui qui est au seuil de sa porte ? Comment condamner celui qui vient en aide à celui qui en a besoin ?  « Mener la bataille culturelle » est le carburant de Hamaika. Elle est le petit grain de sable qui bloque de vieux rouages grippés !
Nous voyons tous que le système que nous avons mis en place présente des failles énormes qui de plus en plus nous sautent aux yeux : la dramatique situation de l’environnement, les monstrueuses inégalités sociales... Cela induit des comportements collectifs inquiétants (plusieurs récentes élections en témoignent). Au sein de ce collectif souvent instrumentalisé par les médias, il existe des îlots de résistance, des initiatives qui font tache d’huile, qui font exemples.
Hamaika symbolise un peu tout ça.


©Anastasia Parrotto


Les autres poules regardaient Hamaika avec surprise, voire inquiétude : c’était la première fois qu’elle restait à la ferme, sans rien faire, impatiente, comme en attente de quelque chose. Hamaika n’avait parlé à personne de cette rencontre. Elle connaissait ses consoeurs, elle les savait craintives, peu ouvertes aux changements et aux découvertes. Et la peur est toujours mauvaise conseillère, pensait Hamaika.

BAZAR CHALEUREUX ET COLORÉ
La fin, peut-être est-ce une certaine influence latino-américaine, mais j’imaginais alors un joyeux bazar (une première version faisait même revenir certains morts), quelque chose de coloré, d’arc-en-ciel, comme un cirque, avec des tours et des acrobaties plus ou moins bancales...
Ce n’est pas une apologie du désordre, je ne suis pas inconditionnel, mais un sentiment de chaleur colorée dans laquelle tout le monde peut se glisser, comme sous du sable en août, entouré de musique et de discussions animées, un verre à la main.
Une image autant qu’un message.
©Anastasia Parrotto

LANGUE RÉSISTANTE
L’euskara, la langue basque, n’est pas ma langue maternelle. Je l’ai apprise adolescent, et continue encore. C’est pour cette raison que je n’écris pas directement en euskara. Un jour peut-être... Pour autant, cette langue m’est chère. C’est la langue que j’ai entendue enfant, même partiellement. Elle est exceptionnelle ! Par sa nature même, mais aussi (voire surtout) par sa longévité. Les ethnolinguistes la datent de la fin du néolithique.
Elle est un symbole culturel de résistance. L’uniformisation, l’un des fruits empoisonnés de la mondialisation, tend à dissoudre les cultures, surtout minoritaires mais pas uniquement, dans une soupe lyophilisée tiédasse prête à avaler. Les Basques ont beaucoup lutté contre ce processus, pour préserver leur langue, et continuent encore (et ils continueront !). Ce pays est un laboratoire d’idées. Il s’y passe beaucoup d’intéressantes initiatives en ce moment. Et cette langue enfante de merveilleux auteurs comme les poètes Sarrionandia et Aresti, ou l’écrivain Atxaga.


©Anastasia Parrotto


QUI EST PIERRE ZAPOLARRUA ? 
(I. ORIGINES ET VIE. FROMAGE ET DESSERT)
Fromage et dessert toujours ! Je ne suis pas que Basque, Berrichon aussi, et cette terre et ces gens me tiennent beaucoup à cœur également. Je suis aussi Toulousain, je vis depuis tellement longtemps dans cette ville. Plusieurs métiers aussi, graphiste, un peu journaliste, puis maçon, puis... et professeur d’histoire désormais. Plusieurs enfants. Et plusieurs pseudos aussi ! Mais ce n’est en effet pas pour porter des masques, juste des expériences différentes, à des moments différents.
Aujourd’hui, je tente seulement de ne pas devenir aigri, sec et recroquevillé. C’est une tentation quand on regarde parfois notre monde.

QUI EST PIERRE ZAPOLARRUA ? 
(II. SES GOÛTS LITTÉRAIRES. FROMAGE ET DESSERT)
Des goûts éclectiques, sans a priori, comme Hamaika ! Il n’y a pas à choisir, en ça comme en d’autres choses. Je serais assez fromage et dessert. On peut aimer Bach et Les Cramps.
Pour autant, j’aime beaucoup la littérature sud-américaine. Le réalisme magique m’emporte souvent, il me fait cet effet. Le jeune Miguel Bonnefoy en est le digne héritier. Le cinéaste Iñarritu aussi. Il y a souvent des situations improbables dans ce genre de romans, beaucoup d’humour et de dérision aussi. Mais en gardant un sens aigu de la part tragique de la vie. Don Quichotte est une référence aussi, bien sûr. Quoi de plus beau qu’un combat perdu ?
Il y a certainement là une influence, plus ou moins en conscience.
Et Voltaire aussi. J’aime beaucoup cet humour (et je n’aime pas les gens cyniques) teinté d’ironie. Ses textes courts, ses contes philosophiques sont aussi un exemple.
Et enfin, des essais. Dernier en date, Désobéir de Frédéric Gros.

©Anastasia Parrotto

Hamaika et le poisson
Pierre Zapolarrua
Illustrations d'Anastasia Parrotto
MeMo, Petite Polynie


En librairie le 17 janvier 2019



mercredi 2 janvier 2019

NOUVELLES DE POLYNIES EDITION N°3
PRINTEMPS 2019





©Anaïs Brunet




Onze-Infini au milieu des plumes d’une poule. Simon-Simone, l’arrêt d’un cœur et l’infini des mots. Danses avec des ours, courage infini dans les arbres. Pierre Zapolarrua. Agnès Debacker. Emile Cucherousset. 17 janvier. 21 février. 21 mars.
Et un pavé dans la mare des certitudes. Des petits activistes minoritaires. La couleur du chagrin. Momo. Et retour aux rêves. Becqueter son ami. Tripoter la chair pendouillant d’un bras. Faire avec la haine. Et nourritures dans la gueule du texte. Changer le contenu en contenant. Fuir dans le pot de moutarde.
Cliquez : Nouvelles de Polynies, édition n°3 (format poster en librairie avec les illustrations d’Anaïs Brunet, Anastasia Parrotto et Clémence Paldacci)


samedi 29 décembre 2018


POLYNIES PUBLICATIONS SEPTEMBRE 2018-MARS 2019

Rester sur la page
Une première année polynienne s’est écoulée. Aucune bougie, surtout pas d’anniversaire festif. Les mots subissent eux aussi des catastrophes marchandes, la vacuité, l’oubli, le formatage insensible, qui travaillent à faire disparaître toute subjectivité et singularité afin de contrôler le corps de l’écrit. Où va ainsi l’imaginaire, où vit l’insaisissable ? Ils se terrent dans des réserves souterraines de bizarreries stylistiques, de pensées ténébreuses, d’histoires de traverse. Ils réaniment l’idée d’être homme au milieu des hommes, la dureté et la joie, comme s’il fallait chaque jour en réchauffer le souvenir, comme si notre survie en dépendait. Penser (toujours à soi), tourner la page, traverser en courant : il n’en est pas question. Mais plutôt, éprouver le lien à l’autre en tous ses extrêmes. Milly Jasmina Vodović, elle qui fait rendre gorge à l’inacceptable, la mort de son frère, dans toutes les dimensions existentielles réinventées (Nastasia Rugani). Laurent le Flamboyant, le fou de langage hors de la cage-case, et ses rendez-vous rêvés avec les petits enfants de Paris (Karen Hottois). Hamaika, ce vaste coeur emplumé, grande humaniste aspirant à un monde sans frontières ni préjugés (Pierre Zapolarrua). Simon et sa Simone, leurs histoires dans une théière des mondes, en un récit d’amour éternel (Agnès Debacker). Deux ours perchés, bourrés d’aspirations en horizons, à l’épreuve de leur engagement courageux (Émile Cucherousset). Ces auteurs, précédés, suivis par d’autres, résistent : ils regardent chacun à leur manière autour d’eux. Hors du rang, les ombres de leurs mots, la noblesse de leur attention écrivent une seule et même phrase, l’appel du désordre, la mémoire secrète des temps humains.