jeudi 2 août 2018


L’ABRUTI DE LA JUNGLE
Nouvelle inédite de Gilles Barraqué (sur l'île de ses Robinson et Vendredi)


  – Pare à la manœuvre !
  – Krââ ?
  – Pare-à-la-ma-nœuvre !
  – Krââ !
  – À moi les bâbordais ! Grimpe à la mâture !
  – Krââ, krââ !
  Robinson jeta un œil désabusé à l’oiseau perché sur le billot.
  – Bon, j’abandonne… Il est incapable de répéter quoi que ce soit. Mon cher Vendredi, je crois tout simplement que cet oiseau est idiot.
  – Krââ ? fit Vendredi, mollement étendu sur sa natte.
  Robinson pointa vers lui la tige de bois qu’il était en train de peler avec application – à coup sûr, ce serait une flèche.
  – Fais le malin, crâne de poulpe ! Tu apprendras que, normalement, ces perroquets peuvent parler comme toi et moi. J’ai connu un marin qui en avait ramené un d’Afrique. Un gros emplumé tout gris. Eh ben lui, il était incroyablement bavard. Il chantait « Que Dieu garde notre précieux Roi » sans jamais se gourer. Et je te passe tous les jurons de matelots et les cochonneries de tavernes. Non, moi je te le dis, celui-là est particulièrement cornichon. C’est l’abruti de la jungle.
  Vendredi se redressa et observa longuement l’oiseau qui se dandinait sur son perchoir. C’était un magnifique ara : tête et poitrine écarlate, ailes bleu vif, avec une touche verte, ventre jaune d’or, l’interminable queue offrant un panaché de plumes rouges et bleues… Un arc-en-ciel à lui seul.
  Robinson, un œil fermé, évaluait la rectitude de sa future flèche.
  – Trois semaines que je m’échine à lui faire répéter des mots tout simples, reprit-il. Même un marin hollandais y arriverait, tu imagines… Lui, là ? Tout ce qu’on peut en tirer, c’est ces horribles « krâ-krâ ». Si au moins il nous charmait les oreilles comme les uru-merlus…
  – Oui mais il est joli, opposa Vendredi.
  – Ravissant. Si on aime le genre gros poulet de carnaval. Dis, mon ami, à quoi il sert exactement, ce kra-kra ? Il est toujours dans nos pattes. J’en ai un peu marre de le voir traîner dans la hutte. D’autant qu’il est beaucoup moins empoté quand il s’agit d’aller piocher dans la coupe aux fruits secs et celle aux fruits frais. Elle n’est pas guérie, son aile ? Il ne va pas bientôt s’envoler ?
  Vendredi regarda par l’ouverture de la hutte. Le vent s’était calmé, mais la pluie tombait toujours drue.
  Lors de l’une de ses quêtes aux trésors dans la jungle, il avait trouvé l’ara au pied d’un manguier. Une aile pendait tristement. Peut-être une bagarre dans l’arbre, au sujet d’un fruit… Une histoire de territoire, la furie d’un singe, petit roi défendant férocement le garde-manger des siens ? Vendredi avait d’abord parlé à l’oiseau, qui semblait accepter son sort, quel qu’il fût. Puis il l’avait ramassé en prenant garde à ne pas toucher l’aile cassée. Trois semaines de soins patients, à l’abri de la hutte, s’en étaient suivies, avec un certain effet. Quand Vendredi avait coupé les liens qui ficelaient l’aile au corps, celle-ci ne pendait plus ; mais l’ara ne pouvait manifestement pas l’étendre.
  Vendredi émergea de sa contemplation de la pluie.
  – Il ne volera plus jamais. Son aile est foutue.
  – Comment tu le sais ? s’étonna Robinson.
  – Je le sais.
  – Alors il faudra supporter tous les jours ? Est-ce que je dois lui céder mon hamac ? Note, je viens de lui trouver une utilité : si mon ombrelle se déplume, j’aurai une bonne réserve sous la main, hin, hin, hin !
  – Krâââ ! lâcha l’ara en hérissant les plumes de son cou.
  L’oiseau sauta du billot et clopina vers la terrasse.
  – Et allez, un petit tour à la coupe aux fruits, grinça Robinson. Ça faisait longtemps…
  Vendredi se leva pour rejoindre l’ara sous l’avancée du toit, en bordure de la terrasse. Il lança un coup d’œil derrière lui. Ils n’étaient plus dans le champ de vision du barbu ; et la pluie crépitait au-dehors, martelait les palmes qui abritaient la hutte, juste au-dessus des têtes. Pratique, pour couvrir une conversation privée !
  – Pourquoi tu refuses de lui parler ? demanda Vendredi. Tu veux pas faire un petit effort ? Ce serait mieux pour l’ambiance.
  L’ara le fixa un instant, de côté, à la façon des oiseaux, puis il reprit son décorticage savant d’une grosse noix grise. Il répondit seulement quand il eut avalé la graine :
  – Et puis quoi, encore ? Je ne suis pas sa chose !
  – Moins fort !
 – Je ne suis pas sa chose. Tu crois peut-être que je vais répéter ses trucs débiles ? « Pare à la manœuvre », « À moi les bâbordais »… Ça n’a pas de sens !
  – Du langage de marins ! On n’y comprend jamais rien. Tu sais, il n’est pas d’ici.
 – J’avais remarqué, oui, avec sa face de coco mâché pleine de poils… Ensuite, t’as entendu comment il me traite ? « Abruti de la jungle », « espèce de kra-kra », et quoi d’autre ? Ah oui, « gros poulet de carnaval » ; je ne vois pas trop ce que c’est, mais je me doute qu’on est assez loin du compliment sincère.
  – Ouais, bon, faut toujours qu’il en rajoute. Mais je te jure, il n’est pas méchant. Quoi qu’il en dise, il ne touchera pas une de tes plumes.
  – M’en fiche, c’est un crétin. Je préfère mille fois discuter avec toi. Même si des fois t’as des idées bizarres.
  – Par exemple ?
  – Cette histoire de vent, comment tu l’expliques. N’importe quoi. Écoute-moi bien, je te le répète : ce n’est pas le vent qui agite les arbres ; ce sont les arbres qui, en bougeant, produisent le vent. Nous, les oiseaux, on est quand même bien placés pour le dire !
  – Oui mais…
  – Chut, voilà ton blanc-bec qui rapplique !…
  Robinson déboula sous l’avancée. La flèche dans une main, le couteau dans l’autre, les bras ballants, il avait l’air ahuri. Il fouilla du regard la terrasse, revint à son compère assis par terre, à l’ara qui se choisissait une autre noix.
  – Euh, Vendredi, je peux savoir à qui tu parles ?
  – À personne, Barbu ! Je parlais tout seul.
  – Sauf que j’ai entendu deux voix. Très nettement.
  – Ben oui, parce que c’est moi qui fais les deux voix. Comme si je discutais avec l’oiseau. Tiens, tu veux que je te montre ?
  Il prit un ton nasillard et proclama :
  – « Ce n’est pas le vent qui agite les arbres ; ce sont les arbres qui, en bougeant, produisent le vent. Parole d’oiseau ! ».
  Du bout de la flèche, Robinson se gratta les cheveux.
  – « Ainsi… », continuait Vendredi, « … les ouragans sont-ils de terribles colères des arbres. Ils règlent leurs comptes, à qui fera tomber l’autre, peut-être seulement parce que celui-ci a lancé une racine dans la terre de celui-là, qui se trouve être un roi. La brise de mer, elle… ».
  – Vendredi, coupa le barbu, est-ce que tu t’es servi dans la calebasse de bière ?
  – Mais non, voyons ! Quoi, on n’a plus le droit de s’amuser ?
  – Krââ ! fit l’ara.
  – Bien-bien-bien, je vous laisse, dit Robinson en tournant brusquement les talons.
  Du fond de la hutte, il ajouta en criant :
  – Empêche cet inutile de vider la coupe aux fruits secs ! Sinon, je pourrais avoir envie d’essayer ma nouvelle flèche sur lui !
  Vendredi eut un geste apaisant à l’intention de l’oiseau, qui ne semblait pourtant pas plus inquiet que ça. Il faisait habilement rouler la noix sous son œil, pour trouver le meilleur angle d’attaque.
  – Franchement, disait-il, je ne sais pas qui est le plus abruti de la jungle. Mais pour l’abruti de la hutte, j’ai une petite idée.
  Et il attaqua la noix de son bec puissant.

  Quatre jours passèrent. Humeur assez fraîche dans la hutte, où un barbu grisonnant et un emplumé éclatant semblaient s’ignorer mutuellement ; au moins les pénibles séances d’apprentissage avaient-elles cessé. Longues virées de Vendredi dans la jungle, le perroquet sur l’épaule. L’homme promenait l’animal, le perchait dans les branches basses d’un arbre fruitier, le laissait avec discrétion dans la fréquentation bruyante des membres de son espèce, qui ne manquaient pas de venir aux nouvelles. Vendredi poursuivait sa route le temps de ces palabres, soufflant parfois des airs doux dans sa flûte – et alors seule la musique comptait –, parfois silencieux, gardant l’œil aux éventuelles trouvailles. Il passait prendre l’ara au retour, et rapportait à la hutte, en même temps que l’oiseau, de curieux échos de l’île que Robinson écoutait en arquant les sourcils : le grand-père des banians va bientôt mourir, il l’a fait savoir à ses fils ; on dit qu’un minuscule lézard à crête garde la grotte secrète de la source mère ; ce sont les amours des serpents palmistes, les nids auront la paix pendant quelques jours ; sais-tu que le jus de ces baies tue les poux ?
  Au soir d’une dernière équipée, Vendredi déclara :
  – Barbu, j’ai eu une idée.
  Il désigna le perroquet.
  – Il faut lui fabriquer un vrai perchoir. On l’installera sur la terrasse. L’avantage, c’est que tu n’auras plus trop cet oiseau dans les pattes.
  – Ah. Pourquoi pas. J’aime autant qu’il niche ailleurs que dans la coupe aux fruits. Comment tu le vois, ce perchoir ?
  – Je vais t’expliquer.

  Selon les directives de Vendredi, maître architecte en perchoirs, et malgré les commentaires dubitatifs de Robinson, pour une fois aux ordres dans un chantier, ils avaient coupé à sa base le plus grand, le plus épais des bambous géants. Ils l’avaient percé d’une centaine de trous, à intervalles réguliers, puis avaient enfoncé dans chacun d’eux, à coups de maillet, un court segment de bambou-bâton ; ainsi s’enroulait-il tout du long de leur mât comme un escalier en spirale. Ils avaient chapeauté le tout d’une large tranche de souche – celle du fromager de la pirogue –, plateforme elle-même coiffée d’une sorte d’ombrelle en palmes de bananier tressées. Ils avaient alors foré au centre de la terrasse un trou profond, du diamètre qui convenait.
  Restait à planter ce gigantesque perchoir. Plus que le poids de l’ensemble, c’était sa dimension qui posait problème. Robinson, qui s’était pris au jeu, conçut une grue de fortune, perche de levage, système de poulies et de cordes. Dès la première tentative, le perchoir trouva sa place, ce qui causa de vives embrassades sur la terrasse.
  Ils comblèrent enfin les vides du trou d’une mitraille de petits galets, puis y coulèrent la boue liquide d’un marigot – là où venaient se vautrer les cochons sauvages – qui avait la propriété de durcir en séchant, comme un véritable ciment.
  Tout le temps de ces opérations, l’ara n’avait pas quitté son poste d’observation à l’ombre. Il avait suivi chaque étape avec la plus grande attention. Vendredi s’était deux ou trois fois tourné vers lui et l’oiseau avait toujours réagi d’une même façon : un dandinement d’une patte sur l’autre, d’amples courbettes, un vigoureux « krââ ! » poussé à pleine gorge.
  Robinson jaugea l’installation en expert. Le perchoir, impeccablement droit, élevait sa plateforme circulaire à une hauteur vertigineuse. La prise au vent serait faible, ce qui limitait les risques de déracinement en cas de bourrasques. Et puis l’ouvrage était bien dans l’esprit de l’île : un superbe caprice. Dernier atout, sans doute pas le moindre, ce dispositif allait effectivement poser une distance appréciable dans les relations au quotidien ; le plus souvent, chacun serait dans son coin.
  Après avoir tourniqué sur la terrasse, en se démanchant le cou, et en tirant sur sa pipe, Robinson vint prendre Vendredi par l’épaule.
  – Mon ami, je te félicite. Tu ne connais rien à la marine, et pourtant tu viens de réinventer le grand mât et son nid-de-pie. Juste une question, pourquoi une telle hauteur ?
  – Eh bien voilà : mettons que tu sois un oiseau et que tu ne puisses plus voler. Qu’est-ce qui va te manquer ? L’ivresse du vol, bien sûr, mais aussi, certainement, une bonne vieille habitude. Voir le monde d’en haut.
  – Krââ ! cria l’ara depuis le pied du mât.
  – Barbu, enchaîna Vendredi, tu penses que notre ciment a pris ? L’oiseau peut monter ?
  – Bah, c’est pas son poids de volaille qui changera quelque chose !
  Vendredi fit un grand geste du bras à l’adresse de l’oiseau. Aussitôt, celui-ci sauta sur le premier échelon, se hissa d’un élan sur le suivant, et ainsi de suite. Il gravissait le colimaçon de bambous avec une sûreté de prise déconcertante.
  – Je dois reconnaître qu’il est adroit, dit Robinson.
  En moins d’une minute, l’ara avait atteint le sommet et il grimpait maintenant sur la plateforme par l’échancrure prévue. Il fit le tour de son aire à pas mesurés, poussant un cri à chaque quartier franchi. Ayant bouclé son circuit, il se tint parfaitement immobile dans la brise qui soulevait ses plumes. Il tournait le dos à l’océan, fixant son attention sur la jungle par-delà la hutte.
  Robinson hocha lentement la tête.
  – Monsieur a pris possession de son bien. Et même pas un merci, penses-tu…
  Il mit les mains en porte-voix :
  – Ohé, Kra-kra, la vue est belle, de là-haut ?
  Comme l’oiseau restait de marbre, Robinson continua de l’asticoter.
  – Krââ, krââ, krââ ! Est-ce que tu aperçois ta bonne amie perroquette ?
  Alors l’oiseau se pencha et lâcha très distinctement :
  – Ferme ton bec, face de coco !
  La pipe tomba des lèvres de Robinson. Bouche bée, yeux exorbités, il regarda alternativement Vendredi, l’oiseau, Vendredi… Un Vendredi qui, les paupières closes, la nuque fléchie, s’était pris la tête dans les mains.
  Robinson pivota vers lui. Face de coco ? Face de betterave, plutôt : le visage du barbu était cramoisi.
  Il croisa les bras puis s’exprima d’un ton où perçait une rage contenue.
  – Mon cher ami, je crois que nous allons avoir une petite explication.

Pour les retrouver:
Vendredi ou les autres jours
Gilles Barraqué
Illustrations d'Hélène Rajcak
Polynie

samedi 14 juillet 2018


Grand concours Vendredi ! (si le coeur vous en dit) par Gilles Barraqué

Le 24 mai est sorti Vendredi ou les autres jours, recueil de nouvelles développant un même petit monde îlien avec ses personnages ; Robinson et Vendredi à ma sauce, sous un angle ludique… Il y est beaucoup question de jeu. Écho du monde de l’enfance, bien sûr, mais aussi véritable modus vivendi dans le partage de l’espace et du temps, pour deux êtres vivant dans le vase clos de leur île – censément clos, plutôt, car on verra que ce monde est poreux. Le jeu est ainsi la clef du recueil.


©Hélène Rajcak

Pour la petite histoire, sachez qu’un jeu a présidé à sa composition.
Vendredi ou les autres jours obéit à une contrainte oulipienne : initialement, tous les titres des nouvelles reflétaient une variation sémantique et/ou homophonique de la formule « Il était une fois ». La métrique en est scrupuleusement respectée ; l’homophonie un peu moins, mais il était aussi amusant de la tordre.
Exemples : le titre de la première nouvelle, qui donnait celui du recueil, c’était « Île était une fois ». On aurait pu trouver par la suite – ce n’est donc pas le cas – « Il était un froid », « Il ôtait une fois », « Illettré une fois »… J’avais même pensé à appliquer la contrainte aux mentions formelles du livre : « Illustré une fois » par Hélène Rajcak, « Gilles était une fois » pour introduire une bio.

Ce jeu de contrainte peut sembler gratuit, et il l’est, d’une certaine façon (le jeu !). Il y a bien eu, pourtant, une interaction du fond et de la forme. Avant l’écriture, j’ai planché sur un tableau de variations. J’en ai établi une grosse cinquantaine. Dès lors, à l’écriture, c’est souvent une variation particulière qui a décidé du thème de la nouvelle ; a contrario, parfois, j’avais l’idée de la nouvelle, et j’ai dû imaginer une variation spécifique en titre.

La contrainte « Il était une fois » n’apparaît plus à la publication. J’ai choisi d’autres titres aux nouvelles, plus classiques… Il n’était sans doute pas nécessaire d’ajouter un plan de lecture en superposition. Mais elle est bien là, en présence fantomatique, appuyée sur les arguments des histoires, sur des indices placés à dessein dans le texte.
Je prétends qu’à l’issue de la lecture on peut recomposer ce jeu de variations.

C’est l’objet de ce Grand concours Vendredi. Je vous invite au jeu. Retrouvez les titres initiaux, pliés à la contrainte ! Certains sont évidents, qui jouent seulement sur un vocable (voire sur une lettre !), en dérivation claire du thème ; d’autres sont plus tordus, et il faut alors se recentrer sur un élément précis de l’intrigue, relever un indice au détour d’une phrase.

Vous souhaitez participer ? Proposez votre liste et adressez-la à chloe.mary@editionsmemo.fr (n’oubliez pas l’estampille « Grand concours Vendredi » dans l’objet de votre message).
Date limite des envois, le 1er septembre 2018. En cas d’égalité, la date de l’envoi prévaudra. Enfin, si aucun des participants n’a pu établir la liste complète, on couronnera ceux dont la liste est la plus fournie.

Au fait, quels sont les lots décernés ?
Premier prix : une bouteille de rhum (blanc), convertible en trois romans dédicacés publiés en Polynies, pour les allergiques au rhum, les abstinents ou les repentis – « Il était un foie », n’est-ce pas…
Second prix : deux romans dédicacés publiés en Polynies.
Bon courage !
Gilles

samedi 30 juin 2018

BEAUX MOTS, BELLE VIE 
(SUITE DE LA CHAIR CHAUDE DE LEURS MOTS)


VENDREDI OU LES AUTRES JOURS
Gilles Barraqué, illustrations d'Hélène Rajcak (Polynie)

Qu'il est réjouissant ce roman ! Paré de trouvailles langagières et des illustrations d'Hélène Rajcak, le récit de Gilles Barraqué offre au duo Robinson-Vendredi une nouvelle jeunesse. L'auteur décrit avec humour et tendresse ces deux grands enfants qui passent, une fois leurs corvées achevées, leurs journées à s'amuser. Le texte, qui s'organise en une suite de nouvelles jubilatoires, porte le plaisir de vivre et de profiter du présent à son paroxysme. Libérés des contraintes du quotidien, des pressions sociales, d'un futur à prévoir, les deux personnages développent leur sens de l'amitié dans un cadre idyllique. Au milieu d'une nature généreuse, leurs aventures - délicieuses - les poussent à innover et à se réinventer jour après jour. Un apprentissage de soi à travers l'autre, croqué d'une plume aussi fringante qu'affectueuse pour ses héros qu'elle sait rendre terriblement attachants.

Clémentine, Enfantipages


Illustration d'Hélène Rajcak

Une deuxième "Polynie" est en librairie, "Vendredi ou les autres jours" de Gilles Barraqué, illustré par Hélène Rajcak (MeMo, Polynie, 132 pages). Une robinsonnade jubilatoire où on rigole plus souvent qu'à son tour et qui envoie joyeusement paître la réputation de publications "difficiles" de l'éditeur. L'essayer, c'est l'adopter! Bien sûr, c'est aussi une œuvre littéraire, bigrement travaillée, mais c'est surtout une pinte de bon temps passé en compagnie de Robinson et de Vendredi et de ceux qui passent sur leur île déserte. (…) Et cela vaut grandement le détour! Surtout que le texte pétillant de Gilles Barraqué est agréablement soutenu par les illustrations en noir et blanc de Hélène Rajcak. Par ses dessins en grand ou en vignettes, elle capte l'attention du lecteur et prolonge sa lecture. Ce sont des aventures qui nous sont contées mais avec un humour tel qu'on peut éclater de rire en lisant. Et quelle imagination pour organiser avec les ressources locales une vie proche de la nôtre! Amateurs de termites et d'oreilles de cochon grillées, de crucru, de bière de banane en calebasse, aficionados de jeux de plage comme le "crabe-caillou", de jeux de mots et d'injures à la capitaine Haddock, ce livre est pour vous. Pour vous amuser mais aussi pour appréhender la vie de naufragé volontaire, avec ses hauts et ses bas. Car il est aussi question d'amitié entre ses deux bougres qui s'invectivent sans cesse mais s'apprécient plus qu'ils ne sont capables de le dire et se soutiennent l'un l'autre avec des moyens originaux.
Aventures, humour, chaleur humaine, imagination, extravagance s'entrelacent dans un roman à l'entrain contagieux. Vraiment, il ne faut pas manquer "Vendredi ou les autres jours"!
Lucie Cauwe, Lu Cie & co


Un régal que de re-découvrir (je dirais même de découvrir) l'histoire de Robinson et de Vendredi sous la plume si alerte et ingénieuse de Gilles Barraqué !
Ce recueil de nouvelles, abordant sous différentes facettes et un humour mordant, la vie sur cette île déserte (?) mais que non ! Il y vit deux énergumènes absolument fantastiques, dans le jeu en permanence, l'auto-dérision et une complaisance assumée de leur vie (par rapport à celle de leurs visiteurs : pirates de tous poils, cannibales, navires en tous genres,...). Cette lecture est jubilatoire tant le rythme de la narration, les trouvailles gustatives et ludiques, les agacements et les compromis des deux îliens (comme un vieux couple qu'ils ne sont pas), la tendresse et l'amitié qui les lient vous sautent à la figure avec l'envie de les rejoindre sur le champ. Et puis non, ce serait briser ce savant équilibre, c'est tellement mieux de les regarder  vivre !
Les illustrations en noir et blanc d'Hélène Rajcak sont parfaites de fantasmagorie et de réalisme mêlés.
Si cela vous intéresse, un jeu a précédé la composition de ce roman qui célèbre lui-même le jeu en permanence (Grand concours Vendredi). Je ne m'y suis pas frottée tant j'ai été absorbée par cette lecture qui m'a procuré un plaisir immense !
Il me reste à découvrir les titres Grande polynie...
Méli-Mélo de livres


L’histoire de Vendredi et de Robinson réécrite à la manière de Gilles Barraqué
Nos protagonistes proposent des jeux, des aventures singulières et même le fait qu’ils ne veulent pas partir de leur île…
Une façon de découvrir un classique de la littérature et d’amener les lecteurs à vivre une belle aventure.
Un livre qui propose des thèmes à débattre.
Contalyre


Coup de cœur
Ce recueil de nouvelles-roman, parodie du roman de Daniel Defoe, nous emmène sur l’île de Robinson et Vendredi et nous invite à partager leur quotidien fait de jeux, de chamailleries amicales, de festins arrosés à la bière de bananes et de franches rigolades. Là-bas déguisements et ruses en tout genre servent à se débarrasser de tous les intrus qui viennent troubler la tranquillité de nos deux compères. L’imagination règne en maître et on plonge tête première dans l’ivresse d’une vie à la fois libre et intelligemment organisée.
On se laisse bercer par cette délicieuse robinsonnade, et on se régale des échanges quotidiens de ces deux hommes liés par le destin et l’immensité solitaire qui les entoure. Je vous invite vivement à découvrir ce roman, pour moi c’est un véritable coup de coeur, j’ai bien ri et le recommande tout autant aux enfants qu’à leurs parents.
J’ai découvert que Gilles Barraqué était musicien de Jazz et cela transparaît dans son écriture, elle est mélodieuse et vivante. Un véritable plaisir. Le texte est accompagné par les illustrations délicates d’Hélène Rajcak qui font de l’objet en soi un très joli livre avec une belle couverture et une tranche bleue comme les mers du Sud. N’attendez pas il est déjà en librairie !
Petite Fleur Loves Books


Ce livre constitue une suite à l'histoire fabuleuse de « Vendredi ou la vie sauvage ». On découvre la vie quotidienne d'un sauvageon et d'un barbu, Robinson et Vendredi. Ils passent leur temps à jouer au crabe-caillou, à chasser « le crucru » ou encore à s'amuser avec les pirates. Mais parfois, tout ne se passe pas comme prévu : il y a des malentendus, des ratés ou des mauvais jours.
 Robinson et Vendredi nous dévoilent leurs techniques de chasse, leurs recettes ainsi que leurs problèmes. Je trouve que redécouvrir ces deux personnages si singuliers dans ce roman nous montre que leurs différences s'effacent, ils ne font plus qu'un, ils gomment leurs origines sans les oublier tout de même. Dans ce livre, vous redécouvrirez la vie de Robinson. C'est un roman très agréable par ses illustrations et son style fluide ; il vous accrochera jusqu'à la fin.
Babelio, Chri

Le livre, d'un format très agréable, est superbement illustré : j'ai notamment adoré la carte de l'île en début d'ouvrage. Douze points y sont repérés, qui correspondent à la localisation des douze aventures composant ce récit. J'ai également apprécié la complicité des deux facétieux autochtones, en particulier lorsqu'il s'agit de faire déguerpir les intrus... et ils ne manquent pas d'imagination pour atteindre leur but.
 Bref, un roman jeunesse synonyme d'aventures et de détente recommandé !
Babelio, Fanny Vincent

Pourquoi pas ce titre afin d'initier les jeunes lecteurs « à partir de 10 ans, plus ou moins » aux personnages de Robinson Crusoe et de Vendredi ? 
Voici une réécriture accessible, présentant le quotidien joyeux et ludique de ces deux personnages qui ont tellement apprivoisé leur île qu'ils ne souhaitent pas en repartir, pour tous les trésors du monde. Une occasion de s'interroger les valeurs sur lesquelles se fonde notre société aujourd'hui….
Alors, voulez-vous jouer au crabe-caillou avec eux ? Dans ce cas, embarquez sur un des rares navires à choisir de faire escale sur cet îlot pour ravitailler en eau et en fruit. 
 PS : ayant lu ce livre avec mon regard d'adulte, le passage de la tentative de conversion de Robinson et Vendredi par un père de passage résonne étrangement aujourd hui…La réaction de nos joyeux lurons est à mourir de rire.
Babelio, Bina


L’écriture cadencée est joueuse, les mots sont pesés, les dialogues savoureux à souhait. Ainsi s’enlacent avec intelligence facétie et sensibilité, légèreté et profondeur. Quel bonheur de retrouver les illustres figures de Robinson et Vendredi, le maître et le serviteur, les complices, les amis, les confidents, les frères… si différents – par leur origine sociale, la couleur de leur peau, leur âge – et pourtant si ressemblants… si nécessaires l’un à l’autre. Au fil d’historiettes, l’auteur nous conte des instants de vie partagés par ces deux hommes, des moments choisis où joie effronterie divertissements chamailleries mélancolie discussions se mêlent. Le temps coule, des choses se passent, les émotions s’enchaînent, mais point d’ennui sur cette île, jamais. L’île est devenue leur foyer, ils s’y sentent tellement bien qu’il n’est pas question de la quitter. Liberté, plaisir, échange… pour Robinson et Vendredi la vie est un jeu alors, hors de leur vue celui qui oserait les sortir de l’île. L’espace restreint ne limite ni l’imagination ni l’esprit…
Les mots de la fin

Sélection Prix Manuel Azaña (cycle 3, liaison CM/6ème)

LA MARCHE DU BAOYÉ

Sigrid Baffert, illustrations d'Adrienne et Léonore Sabrier (Polynie)
 Un premier "Polynie" pour les lecteurs à partir de 9 ans est arrivé avec le printemps. C'était le très beau "La marche du baoyé" de Sigrid Baffert, illustré par Adrienne et Léonore Sabrier (MeMo, Polynie, 60 pages), avec sa tranche de la couleur des sables rouges traversés. Un récit proche de la fable sur le déracinement et l'exil pour raison économique. Direction l'ouest inconnu pour cette famille chassée de chez elle mais bien décidée à revivre ailleurs. (…) C'est ce voyage vers on ne sait où, difficile, inquiétant, éreintant, que raconte Tiago, le benjamin. P'pa, M'ma, le grand frère Ouji et lui ont pris la route à pied, pour tenter de revivre ailleurs. Ils ont juste eu le temps de jeter quelques objets, 26 comme les lettres de l'alphabet, dans une carriole qu'ils poussent et tirent. Est aussi, est surtout du voyage, leur dernier baoyé, dit Monsieur B. L'arbre porte onze kourés, fruits juteux qu'ils vont devoir protéger des voleurs et partager avec minutie pour tenir tout au long de leur marche forcée. Le soleil, le sable rouge, l'inconnu, le chemin à trouver, la faim, la soif, autant d'éléments terriblement inquiétants que Sigrid Baffert rend accessibles aux jeunes dans ce roman âpre et percutant.
Lucie Cauwe, Lu Cie & co


Illustration d'Adrienne et Léonore Sabrier
C'est une marche forcée pour Tiago et sa famille, celle de l'exil quand les Déracineurs ont tout avalé de leur ferme et que le seul espoir est de partir contraint. Mais un compagnon est là avec eux : Monsieur B., un baoyé qu'ils emportent comme le dernier vestige d'un temps perdu à jamais. Cet arbre porte des kourés bien appétissantes, dont il est difficile de ne pas résister durant cette longue marche épuisante sur ce sable rouge, l'alternance des jours et des nuits sans fin. Mais au bout de ce chemin quasi-initiatique, y aura-t-il un espoir ? Ce texte signé Sigrid Baffert, aux accents contemporains évidents, a su rester malgré tout dans la poésie grâce au regard de cette famille, mûe par une infaillible envie de vivre.
Tout de métaphores, renforcé par l'éclat somptueux et parfois tout aussi symboliques des illustrations aux couleurs chaudes d'Adrienne et Léonore Sabrier, cette histoire vous balance dans son rythme, vous hypnotise presque, vous rend sensible au fil ténu de cette famille qui s'accroche à la vie dans la faim, la soif, la marche interminable. Racontée par Tiago, le plus jeune, sa portée n'en est que plus forte.
C'est beau, initiatique, presque biblique, et envoûtant.
Méli-Mélo de livres


Deux cœurs. Un texte d’une poésie sublime, des illustrations qui nous emmènent ailleurs, une combinaison gagnante pour ce livre qui sans l’air d’y toucher nous parle de beaucoup de choses : tragédie humaine, exil, migration, faim, refus de l’autre. Une très belle découverte à découvrir le plus rapidement possible.
Libbylit

Quand il ne reste plus grand-chose aux fermiers Manké, suite aux Déracineurs passés sur leur terre, ils décident de partir en emportant un arrosoir, une machine à coudre et autres objets sans oublier surtout l’arbre aux onze fruits très juteux : le Baoyé, appelé aussi Monsieur B.
La route de sable rouge sera longue et périlleuse. La faim les dévore, comblée par les fruits de l’arbre qu’ils dégustaient avec parcimonie en faisant attention d’en garder un pour leur lieu d’arrivée.
En suivant leur périple, le lecteur va vivre une aventure chaude et familiale. Les illustrations sont aussi très colorées et agrémentent cette aventure. Un beau voyage
Coup de cœur de Contalyre

Ce livre pour les enfants « à partir de 9 ans plus ou moins », est un récit initiatique entre réalité et onirisme. J'ai rapproché ce titre d'une autre lecture marquante, pour adultes cette fois, Chamelle de Marc Durin Valois. J'admire le talent de Sigrid Baffert qui réussit à contourner l'écueil de l'insoutenable et cruelle destinée tout en s'y approchant à pas comptés. On frôle la fable, le conte merveilleux bien ancré dans le sol africain. le vocabulaire imaginaire, les métaphores omniprésentes, drôles, jalonnent l'itinéraire des mankés. La lecture du texte à voix haute apporte à l'histoire une dimension nouvelle, une plus grande empathie avec le narrateur. Les illustrations qui s'adossent au texte sont belles, expressives et colorées. Faune et flore, réalisme et illusions s'entrelacent et se dénattent dans une explosion de couleurs chaudes.
Je suis encore sous le charme de ce grand petit livre qui est édité chez MeMo collection polynie.
Babelio, soazcongar

Il s'adresse aux enfants à partir de 9 ans et je l'ai trouvé pour ma part, très agréable à lire pour un adulte aussi.
 Le sujet est éminemment actuel puisque Tiago, le narrateur, raconte le périple que lui et sa famille entreprennent à travers les sables rouges, poussés à quitter leur ferme par les Déracineurs qui ont tout rasé sur leur passage. C'est ainsi le destin de réfugiés économiques et environnementaux qui nous est raconté, sous la forme d'une fiction aux allures de conte africain.
Tiago, son frère Grand Ouji, sa mère et son père prennent donc la route avec pour seul bagage un baoyé appelé Monsieur B. portant 11 fruits (des kourés). Ils n'ont même plus d'âne pour tirer la carriole transportant ce qui reste de leur vie. La faim qui rend fou, l'épuisement, le doute quand à la destination guettent à chaque instant.
Mais malgré tous les dangers, l'élan de vie et l'espoir permettent de continuer.
La narration de Tiago à la 1ère personne nous amène à ressentir très fortement les sensations que lui et sa famille éprouvent : notamment la faim et la soif, la désorientation, l'épuisement, le risque de folie.
Un texte fort donc, agrémenté de belles illustrations colorées qui renforcent l'atmosphère de conte.

Babelio, Trebulle

Liste Coups de cœur
Un baoyé est un arbre « aux fruits plus juteux que des mamelles de buffle bleu » appelés kourés. Quand les Déracineurs sont venus, chassant les villageois, la famille a rempoté le baoyé dans un tonneau pour l’emmener ; ainsi vont dans leur errance à travers le désert « deux fermiers Manké, leur descendance dépareillée et le dernier baoyé ». Famille étonnante, en témoigne le nom de son âne malheureusement mort au moment du départ : Spinoza ! Onze kourés restant sur le baoyé pour seule subsistance, il faut apprendre à supporter la faim et la soif, retarder, partager. Mais le désert n’en finit pas, la souffrance est grande. Le texte est magnifique, mêlant poésie et langage familier, récit fait du point de vue du garçon qui, piqué par un scorpion, va frôler la mort et sans doute sauver la famille par sa prière de vie. Récit un peu magique qui dit surtout la douleur des errants, migrants et autres exilés de force, mais aussi la force du désir de vivre, la puissance de la solidarité familiale, c’est un petit roman touchant dont les illustrations en pleine page, hypercolorées, soulignent l’exotisme magique.
NVL, Claudine Charamnac Stupar

Sélection Livralire Hiver 2018
Sélection Opalivres 1er semestre 2018


LA PETITE ÉPOPÉE DES PIONS
Audren, illustrations de Cédric Philippe (Petite Polynie)


Un petit roman original qui passe habilement de la narration textuelle à la narration graphique sur le thème du libre-arbitre et de la fantaisie, une ode philosophique et joyeuse à la liberté rondement menée par l’éclectique et toujours juste Audren dont l’association avec l’illustrateur Cédric Philippe, est vous l’aurez compris fort réussie !
Mention spéciale également pour cette collection « Petite polynie » chez Memo qui porte une attention toute particulière à l’objet livre et mérite d’être accompagnée par tous les passeurs de livre.
On lit trop dans cette bibli… Médiathèques de Brest


Sasha est un pion. Vivant dans un beau coffre en bois au côté d'autres Sasha, il rêve du Géant-Monde qui s'étend à l'extérieur. Profitant de ses trop courtes sorties grâce à La Main qui le guide sur le damier, il projette alors de tout quitter. Comme ça. Du jour au lendemain. Motivé par son envie grandissante de liberté il s'en va pour vivre l'aventure.
Des premières et secondes lectures à lire sur la plage ! Les petits vagabonds

Une écriture qui prend vie au plus près du jeune lecteur, utilisant à la fois les ressorts de la fable philosophique et ceux du roman d’aventure. L’air de rien, l’autrice mène l’enfant sur le chemin de la liberté en décrivant le pouvoir et la force du rêve ; c’est la détermination et la confiance en soi qui font que chacun peut devenir un héros, rendant possible l’impossible.
Les illustrations en noir et blanc, à la fois sombres et lumineuses, rappellent l’échiquier. Elles donnent de la force au récit en créant un décor foisonnant d’indices et de détails. C’est sous un trait plus léger qu’apparaît la silhouette de Sacha, le petit pion insoumis qui, sur ces petites jambes fragiles, part à la découverte de l’inconnu.
Un petit roman qui fait du bien, un petit bijou aussi bien dans son contenu que dans sa forme. Un récit d’aventure à la fois initiatique et philosophique sur les thèmes de la liberté et de la différence. À partir de 8 ans.
A saute-livres


Les pions mènent une vie tranquille bien rangés dans leur coffret. Ils sont en sécurité et savourent les sorties que la main leur offre de temps en temps sur l’échiquier. Parfois, l’un d’entre eux tombe et vit une grande aventure sur le tapis. La main est toujours là pour les sauver, mais ce pion devient un héros pour les autres et il anime les soirées en racontant inlassablement la même histoire sous le regard admiratif de ses camarades. Mais un des pions ne se satisfait plus de cette vie, il veut aller voir du pays, partir à l’aventure. Quelle idée, sans l’aide de la main, un pion ne peut pas partir ! et pourtant…
Contalyre

Sélection Prix littéraire de la citoyenneté
Illustration de Cédric Philippe

TRUFFE ET MACHIN
Emile Cucherousset, illustrations de Camille Jourdy (Petite Polynie)


Non Truffe! les lucioles ne sont pas des idées lumineuses qui ont pris corps mais bien de petits insectes de l'ordre des coléoptères produisant une lumière jaune verdâtre !
Mais Truffe et Machin, emportés dans leur quête par leur imaginaire traversant bois et fourrés bien décidés à retrouver l'idée perdue qui pourrait combattre l'ennui qui les poursuit, feraient bien la confusion ! ça brille c'est donc ma belle idée envolée...
Retrouver l'idée perdue, c'est la première aventure savoureuse de Truffe et Machin suivie de 2 autres dont on vous laisse le plaisir de la découverte écrites par Emile Cucherousset dont le style enlevé est semé de notes d'humour. C'est un regard bienveillant et parfois gentiment moqueur qui est ici porté sur l'enfance de deux lapins jamais bien loin du giron maternel: Truffe et Machin. Les deux compères cheminent entre bêtises et idées saugrenues dans un univers aquarellé par Camille Jourdy, l'illustratrice. De belles illustrations double-page qui servent l'aventure autant que le texte.
Petite polynie: une bien jolie collection qu'il sera bon de mettre dans les mains des lecteurs de 6 ans et plus.
Lecturecube: le blog jeunesse de la Médiathèque du Marsan

Illustration de Camille Jourdy
Deux frères lapins cherchent à quoi ils pourraient jouer. Ou, pour être exacte, quelle bêtise ils pourraient bien faire. Mais, Machin vient de faire perdre son idée à Truffe. Comment la retrouver, elle était pourtant lumineuse. Voilà donc la solution, puisqu’elle brille, elle sera plus facile à trouver…
Puis c’est leur ombre que les deux frères veulent attraper, difficile, mais le hasard fait bien les choses. Avec un peu d’astuce en plus, voici les ombres enfermées. Mais comment échapper à leur colère maintenant ?
Contalyre


Entre jeux d'enfants et idées saugrenues, Emile Cucherousset nous fait découvrir avec un style vif et plein d'humour le petit monde de deux lapins jamais bien loin de leur maman et de leur terrier. Un univers tout en douceur et en couleurs que les illustrations de Camille Jourdy complètent à merveille, faisant partie intégrante des histoires. On se laisse emporter dans ces petits bouts de vie plein de fantaisie et de bonheur. Une première lecture sans doute plus exigeante que les autres, mais qui ravira les amateurs d'histoires tendres et colorées.

Babelio, Anarya

Deux lapins coquins
Truffe et machin sont deux petits lapins, des frères, qui accumulent les bêtises. Les Pierre et Jeannot du XXIe siècle, pourrait-on dire. Ce petit bouquin destiné aux sept ans et plus raconte trois de leurs aventures rocambolesques : Retrouver l’idée perdue, Attraper son ombre, Chercher ses dents. Le tout est habilement transposé en images et en couleurs par Camille Jourdy. Un bien joli livre.
Métro, Sélection Pour lire tout l’été

Deux frères lapins, Truffe et Machin, avides d’aventures…
Trois histoires courtes à l’imagination foisonnante telle que : « Retrouver l’idée perdue, Attraper son ombre et chercher ses dents. »
Le sujet de la première histoire : ne pas savoir ce qu’on cherche quand on doit le retrouver c’est tout de même compliqué !
Eh bien, cela n’empêche pas les deux frères lapins de partir à la recherche de la fameuse idée de Truffe qui ne sait pas la décrire mais qui va la conduire avec Machin au cœur de la forêt…
« – Au fait, Truffe, ça ressemble à quoi ce qu’on cherche ?
– J’en ai pas la moindre idée.
– Non, parce que faudrait peut-être savoir si ce qu’on poursuit est rond ou carré… »
Bref c’est drôle, poétique et très inventif, sans oublier la finesse et les couleurs des illustrations de Camille Joudry, on tombe sous le charme.
Les enfants, dès 7 ans, vont se régaler autant que leurs parents.
A quand les prochaines aventures de Truffe et Machin ? On en redemande ! Une très belle découverte.
Coup de cœur, Médiathécaires

La collection POLYNIES vise les jeunes de 7 à 12 ans. Elle va permettre aux jeunes lecteurs de découvrir des contrées peuplées de personnages orignaux qui vont vivre des aventures et nourrir leur imaginaire. Ces histoires, imaginées et illustrées, par « des auteurs et illustrateurs qui ont décidé d’habiter sur ces terres givrées » :
Des histoires savoureuses dans la langue, les expressions, l’humour, les illustrations. Les différents niveaux de lecture permettent aux « enfants » de tout âge d’y prendre un grand plaisir, mais aussi d’éveiller des réflexions sur notre société (La petite épopée des pions) ou sur les expressions que nous utilisons sans porter attention à l’interprétation qui peut en être faite, le sens propre et le sens figuré… (Truffe et Machin). Ces voyages en imaginaire nous emmènent loin si on veut bien garder son âme d’enfant.
Contalyre