samedi 23 février 2019

LEURS CŒURS À L’OUVRAGE
Au sujet de L’arrêt du cœur ou comment Simon découvrit l’amour dans une cuisine d’Agnès Debacker


©Anaïs Brunet

Nouveau coup de cœur pour la collection polynie chez les éditions mémo. Le dernier roman d’Agnès Debacker, illustré par Anaïs Brunet sortira bientôt en librairie. Bien qu’indiqué à partir de 9 ans, je trouve que cette histoire résonnera dans tous les cœurs.
L’arrêt du cœur parle des liens affectifs, du deuil et fait écho de l’impact de l’histoire française du 20ème siècle sur « nos vies ». Quand je dis « nos », c’est surtout sur la vie de Simone. Simone est une voisine qui gardait un jeune garçon, depuis sa plus tendre enfance. Mais un jour, son cœur lâche et Simon, 10 ans découvre la mort et le deuil. En retournant dans l’appartement de sa nounou, il emporte une théière. En effet, cette dernière était utilisée pour mettre des souhaits. Cherchant tout d’abord à protéger ses secrets, le jeune garçon va en découvrir d’autres qui le mèneront à une quête.
Un très beau roman qui nous touche et sait nous tenir en haleine.
L’émotion transmise par les mots de l’auteure nous fait le cœur gros tout le long du roman mais pourtant on n’a pas envie de s’arrêter de lire. Les illustrations nous plongent encore plus dans cette ambiance de retour dans le passé. Nous avons beaucoup de tendresse et nous nous sentons très proches de Simone, alors qu’elle nous a quittés dès la première ligne du roman. Un vrai délice
L’atelier de coeurs


Je vous avoue que lorsque j’ai lu le titre j’ai poussé un soupir de lassitude. Non, je n’avais pas envie de lire une histoire d’amour pour enfant !
Heureusement, j’ai très vite compris qu’il n’en était rien et qu’il y avait même un beau jeu de mots à plusieurs étages dans ce titre.
L’histoire ? Un jeune garçon  a bien du mal à accepter la mort de Simone, sa voisine, sa nounou, son amie, celle qui pimentait sa vie.
Je n’ai pas envie de dévoiler l’intrigue, c’est tellement agréable de découvrir le contenu sans en avoir rien lu auparavant. Juste une petite chose : il y a une théière pleine de secrets. Une théière à vœux.
D’ailleurs lorsque je prête un livre à un de mes élèves, je ne lui en dis rien. Seulement : j’aimerais vraiment savoir ce que tu en penses, que tu aies aimé ou pas. Et ce roman-là, la petite fille de 9 ans qui l’a eu entre les mains, l’a trouvé sublime. Et ce qui lui a plu c’est que c’était écrit sous forme d’enquête.
Un secret à élucider, la guerre d’Algérie en arrière-plan, de la tristesse à évacuer, des souvenirs à foison, une mort à comprendre, un inconnu qui s’invite dans une théière.  Ce petit roman est sensible. Simon, on le comprend tellement quand il redoute d’entrer dans cette cuisine où Simone est morte. On inspire avec lui avant d’entrer dans la pièce, on attrape la théière et on ressort  à toute vitesse, le souffle suspendu.
Les illustrations viennent agrémenter l’histoire de petites touches fantaisistes ou réalistes, originales et marquantes.
Un vrai beau petit roman pour les enfants à partir de 9 ans. Décidément les éditions MeMo ne me déçoivent jamais.
Le blog de Krol

©Anaïs Brunet

« Comment fait-on pour se porter comme un charme le mardi, démarrer sa journée du mercredi avec une bonne tartine de confiture aux framboises et s'effondrer dans son bol de café au lait quelques instants plus tard, sans vie?"

#MonCoeurEnVrac

J'avoue que je ne savais pas trop à quoi m'attendre en lisant L'arrêt du coeur. Je n'avais même pas lu le résumé de la quatrième de couverture, faisant désormais aveuglement confiance à l'éditeur et à cette collection qui ne cesse de me surprendre.
Alors, j'ai plongé. Et je me suis trouvée prise au coeur d'une histoire très émouvante de deuil, d'amitié, de secrets et d'amour. Et j'ai refait surface, avec difficulté, profondément chamboulée.
Mon coeur a bien failli aussi s'arrêter... Heureusement non. Maintenant je vais essayer d'en parler.

#SimonSansSimone

Ce roman m'a émue. Profondément.
 Pourquoi?
- Parce qu'il parle de la confrontation d'un enfant avec la mort. Simon a des sentiments forts qui vont et qui viennent. Il peine à réaliser la disparition de Simone. Certaines choses persistent, lui rappelant son amie, comme l'odeur qu'il retrouve quand il retourne chez la vieille dame...
 Et puis, Simon ne comprend pas comment Simone pouvait être en forme pour l'instant d'après, mourir subitement. La brutalité, la soudaineté de la mort est, comme pour nous adultes, difficile à gérer, à entendre. Le ressenti de Simon, celui d'un enfant face à elle, est très touchant. C'est toujours délicat d'aborder ce sujet en littérature jeunesse. Agnès Debacker le fait ici avec justesse et avec une grande sensibilité.
- Parce qu'il parle d'une très belle relation intergénérationnelle. Simon et Simone avaient créé un lien très fort. Entendre Simon parler de la vieille dame et se remémorer les bons souvenirs est assez poignant. Avec la disparition soudaine de Simone, Simon prend conscience de la place qu'elle occupait dans sa vie et de la profondeur des sentiments qu'il lui portait. 
- Parce qu'il parle aussi des secrets que chacun garde pour soi. Si on croit connaître quelqu'un,en réalité, chaque personne a toujours, quoi qu'il arrive, un jardin secret, des zones d'ombre, des vérités tues et une intimité préservée.
Simone, comme tout le monde, avait des secrets. Et Simon a du mal à faire coller l'image de celle qu'il découvre sous un nouveau jour avec celle qu'il connaissait. Il en est tout retourné. Et nous aussi.
- Parce qu'il parle d'événements qui ont bouleversé notre Histoire. C'est beau et terrible à la fois. C'est très bien amené par l'autrice et traité d'un point de vue intéressant. Mais sur ce sujet, je n'en dis pas plus.
Ce roman est aussi une enquête. Le suspense est bien présent. Simon va tout mettre en oeuvre pour comprendre ce que la théière à voeux a laissé entrevoir sur la vie privée de Simone.
Mais, je ne vous en dis pas plus non plus sur ce secret. Moi je l'ai découvert en même temps que Simon et j'en ai été toute émue. Il est important, à mon sens, qu'il reste intact.
Agnès Debacker offre à ses jeunes lecteurs un roman qui leur parle de "choses de grands", des choses de la vie avec un regard innocent, celui d'un enfant.
Ce roman est illustré ici par la talentueuse Anaïs Brunet qui rend compte avec une grande délicatesse de tous les sentiments qui traversent ce texte. On sent la tension quand Simon rentre dans l'appartement de Simone pour la première fois après son décès. On ressent les doutes qui assaillent Simon sous sa couette après avoir découvert l'existence des secrets. Anaïs Brunet fait passer énormément d'émotion à travers ses dessins colorés qui retranscrivent aussi le regard enfantin porté par Simon sur cette situation qui le dépasse. 
Un très beau roman qui ne vous laissera pas indifférent, j'en suis certaine.
HashtagCéline


Simon et Simone...
Un jeune garçon qui a un lien très particulier avec la seconde.
Un lien de complicité entre voisin et voisine quand la seconde garde le premier.
Beaucoup de jeux, de goûters, de rires.
Alors quand Simon apprend que Simone est morte d'un coup, comme ça, la tête tombée dans son bol de petit-déjeuner et ses tartines de confiture, il n'y croit pas. C'est irréel pour lui. Comme pour conjurer le sort, il se fait raconter l'histoire plusieurs fois par la concierge bourrue qui finit par le houspiller.
Il se souvient alors de la théière rouge sur la gazinière de la cuisine. Elle est le réceptacle de leurs petits papiers amassés là dans le secret. Il faut qu'il la récupère coûte que coûte. Bravant sa peur de retourner dans l'appartement de Simone, il la retrouve et l'emporte avec lui. Commence alors une quête pleine de surprise sur la vie de la défunte.
Quelle belle lecture ! 
La métaphore du souvenir, à travers cette théière rouge, apporte un lien indéfectible entre Simon et sa Simone. La vieille dame reste présente et cela permet à Simon d'accepter peu à peu sa disparition si soudaine. Car pour lui, du haut de ses dix ans, c'est absolument inconcevable de disparaître comme ça, du jour au lendemain.
Cette théière et ses petits papiers, qu'il va lire, va lui apprendre que finalement chaque être a son jardin secret.
La symbolique de la porte de l'appartement de Simone est remarquable de force : en y entrant, Simon brave sa peur de la mort, s’affranchit de l'interdit, du regard des adultes aussi et va trouver les ressources, en menant cette enquête sur ce Farid, de surmonter son chagrin. Il va découvrir aussi à travers la filiation qu'une personne ne meurt jamais tout à fait.
C'est un roman plein d 'odeurs, de souvenirs, de tendresse, de lucidité et d'amour. 
Pas de chapitres pour interrompre le récit à la première personne, une écriture d'Agnès Debacker fluide et sensible, pleine d'émotions à fleur de peau et des illustrations d'Anaïs Brunet toutes douces qui disent le manque mais aussi la vie qui continue. 
Je ne veux pas en dire plus pour laisser le plaisir de cette lecture qui m'habite encore par son humanité et qui fait battre le cœur bien fort.
Méli-Mélo de livres

©Anaïs Brunet
Simone et Simon. Une histoire au goût épicé, aux souvenirs vivants, aux rires lointains
Un cœur qui s’est arrêté et l’autre qui ne veut pas oublier
Une théière remplie de vœux et de désirs évanescents
Et un secret laissé infuser pendant des années
Un roman-remède
Balad'en page 

Le petit Simon est triste d’avoir perdu une amie, cette vieille Simone qui le faisait tant rire. Le roman jeunesse L’arrêt du cœur, ou comment Simon découvrit l’amour dans une cuisine aborde la mort d’une manière subtile, intelligente et fine. Sortie ce jeudi 21 février, chez MeMo.
Le petit Simon est triste et choqué d’apprendre la mort de sa voisine âgée, Simone. Son cœur s’est arrêté d’un coup, alors que la veille, elle dévorait avec gourmandise ses tartines à la confiture.
Première confrontation avec la mort pour le petit garçon qui avait tissé des liens forts avec elle. Simon veut comprendre. Il se souvient de la théière magique de Simone, dans laquelle tous les deux glissaient des petits mots.
Sa curiosité l’amènera à découvrir un secret sur la vie de cette femme, chez qui il aimait boire des petits jus, rire et discuter.
Un beau récit, fluide, dont la force est d’évoquer les questions centrales de l’amitié et de la mort, sans tomber dans le pathos. Ce chemin intérieur apporte au petit garçon des réponses sur la vie de la vieille dame. Il réussit à surmonter son chagrin et en devient plus fort. Le roman est joliment et sobrement illustré.
Ouest France, Vanessa Ripoche


Depuis quelques jours, Simon ne peut s’empêcher d’aller frapper à la porte de la loge de Françoise, sa concierge. Pour qu’elle lui raconte encore une fois l’histoire de Simone. Simone et son rire d’alouette, que l’on retrouve un matin effondrée dans son bol de café au lait, une tartine de confiture aux framboises dans la main.
L’enfant de dix ans qu’il est ne comprend pas comment on peut s’effondrer comme ça, du jour au lendemain, une tartine à la main ; et il ne trouve personne pour répondre à sa question. Le cœur de Simone s’est arrêté et celui de Simon souffre. C’est sa première morte. Simone était sa nounou et sa voisine… Le chagrin de l’enfant est immense.
Simon repense à la théière à vœux de Simone, dans laquelle il a glissé une multitude de petits papiers sur lesquels il inscrivait ses souhaits. Comme il ne veut pas que n’importe qui tombe dessus et se mette à lire le moindre de ses désirs, il s’empare des clés et se rend dans l’appartement de la défunte… Alors, en même temps qu’un mélange d’odeurs familières – café bouilli tarte aux pommes fleurs séchées – les souvenirs l’assaillent. Des images fugaces et fugitives le traversent.
Prestement, il s’empare de la théière et la cache dans sa chambre. « Cette théière, à l’allure altière, c’est un peu des bouts de Simone planqués sur ma moquette. Des morceaux d’elle échappés de la mort. »
La théière rouge cristallise tous ces secrets et désirs enfouis ; tous ces possibles. Cette mer de petits papiers… en plongeant dedans, Simon ne se doute pas qu’il va y découvrir une histoire d’amour.
L’écriture tendre et émouvante d’Agnès Debacker m’a conquise. Les illustrations aux couleurs vives de Anaïs Brunet sont puissantes ; à la fois brutes et douces, elles épousent le texte à merveille. L’arrêt du cœur est un roman surprenant, triste et beau à la fois, comme la vie (pour paraphraser les mots de la fin…) Un roman poétique qui m’a complètement chamboulée.
Livres de Folavril

©Anaïs Brunet
L’arrêt du cœur ou comment Simon découvrit l’amour dans une cuisine
Agnès Debacker
Illustrations d’Anaïs Brunet
Polynie

mardi 19 février 2019

EN TOUTES DIMENSIONS AVEC ANAÏS BRUNET

Rencontre autour de l’espace en scénographie et architecture textuelle, de révélations au bord d’un fleuve intranquille, de cœurs qui battent et de matière signifiante, de lectures, de verre partagé et de rêve en pleine face, de temps exceptionnels, des chemins de traverse d'Agnès Debacker. Coeur, papier épais, sang d’encre

©Anaïs Brunet


PREMIERS MOMENTS DE PURE JOIE
J'ai découvert le bonheur de la pratique artistique vers l'âge de dix ans. Ma mère m'avait inscrite dans un atelier pour enfants où j'expérimentais plein de techniques comme le modelage de la terre ou la peinture sur soie. Il y avait surtout une vraie ambiance d'atelier, où l'on pouvait aller vers ce qui nous plaisait librement. On faisait parfois des pauses où l'on discutait de notre travail autour d'un verre de coca : des moments de joie pure, comme hors du temps. Pour moi, c'est longtemps resté inconcevable que l'on puisse faire ça à plein temps : il fallait que la création soit un moment d'exception, comme arraché à un quotidien ordinaire.
Pour mes études, j'ai cru bon de chercher un compromis entre mon attrait pour l'art et le souci de trouver un « vrai » métier. J'ai donc décroché mon diplôme d'architecte en me spécialisant dans la scénographie. Mais le métier d'architecte me paraissait trop éloigné de mes envies. J'ai alors passé l'agrégation d'arts plastiques pour pouvoir enseigner et avoir une pratique artistique complètement libre à côté. Je me suis formée trois ans à la gravure sur métal, ce qui m'a permis de goûter à nouveau aux délices du travail collectif en atelier et de revenir à une pratique plus libre après les sujets imposés des études et du concours.
Enfin, à trente ans, je me suis autorisée à regarder mon rêve de toujours en face et j'ai écrit et dessiné mon premier album jeunesse. J'ai de nombreuses petites marottes et je rêve de consacrer un travail approfondi à chacune d'entre elles. En ce moment, j'ai décidé de consacrer un album au Moyen-Âge, l'une de mes périodes préférées en histoire de l'art. J'ai aussi envie de dessiner des plans de villes pour les enfants.

LE GRAND SABLIER : CRÉATION ET PRATIQUE
L'enseignement m'apporte une stabilité par opposition aux tourments de la création. Écrire des livres n'est pas un long fleuve tranquille ! On traverse des moments de doute ou de découragement. Dans ces cas-là, je suis heureuse de papoter avec mes collègues à la cantine ou de m'émerveiller de la vitalité de mes élèves. Face à une classe, je suis obligée de dégager une aura de sérénité et d'assurance et cette attitude me calme.
D'autre part, enseigner me permet de gagner ma vie. Mon travail d'auteur est à l'abri des contraintes financières, je suis donc totalement libre de n'accepter que les projets qui m'enthousiasment complètement.
Enfin, le temps passé avec mes élèves crée un manque. Je fais tout pour les stimuler, les enthousiasmer, les pousser à pratiquer dans la joie. Et par ricochet, ils me donnent envie de foncer chez moi pour me remettre au travail !

©Anaïs Brunet

LA CHANCE DE L’IMPRÉVU OU LA CERISE SUR LE GÂTEAU
Je dirais que 80% de mon travail se fait loin de la table à dessin. Mes projets mûrissent lentement dans mon esprit, et c'est quand j'ai une idée assez claire de là où je veux aller que je commence à écrire ou à peindre. En cela, les études d'architecture ont été une bonne formation. Quand un architecte se voit confier un projet, il sait qu'il va peut-être se passer des années avant que le bâtiment ne soit terminé. C'est une école de la patience et de la confiance. On résout les problèmes un par un, on s'adapte à l'imprévu, on l'accueille même comme une chance. On avance sur un chemin que l'on découvre peu à peu, sans même réellement savoir ce que l'on trouvera à l'arrivée. J'ai donc appris à ne plus craindre la feuille blanche ou le manque d'inspiration. Si je n'ai pas encore trouvé la réponse à la question que je me pose, c'est que je ne suis pas encore prête et dans ce cas, je vais me promener dans Paris, voir une expo ou nager. Et tout finit toujours par se débloquer.
Pour le dessin, je travaille chez moi. J'écoute France Musique ou des interviews de personnes qui m'inspirent. J'aime la minutie, j'utilise donc toujours des outils neufs ou presque sur une table impeccable. Peindre des détails, pour moi, c'est comme déposer une cerise sur un gâteau. C'est la récompense pour tout le travail que j'ai accompli en amont : trouver les idées, gribouiller des esquisses, donner des cours pour gagner ma vie. Une phase de préparation parfois ingrate qui trouve sa réalisation quand je peux développer une histoire dans les moindres détails sur une feuille de papier épais.


©Anaïs Brunet


RÊVES DE JEUNESSE
J'ai dû ressentir des émotions très fortes en lisant étant petite. Ma mère et ma grand-mère maternelle sont de très grandes lectrices, on doit avoir ça dans le sang. J'ai été élevée avec la phrase de Montesquieu : « Je n’ai jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture n’ait dissipé ». Je crois que je l'ai prise au pied de la lettre, car je crois de toutes mes forces aux vertus curatives de la lecture. Après, pourquoi le dessin ? Je n'en sais rien. Je sais simplement que j'ai toujours dépensé tout mon argent dans les magasins de beaux-arts ou les sorties au musée, et qu'aujourd'hui je ne peux pas passer devant une librairie sans aller jeter un coup d'œil au rayon jeunesse. C'est mon médium, je suis heureuse de l'avoir enfin trouvé après des années de recherche (alors qu'au fond de moi je sais qu'il était là depuis toujours). Les histoires d'artistes qui rencontrent un jour la discipline qui va leur permettre de se révéler me fascinent. Je pourrais écouter des heures Thierry Marx raconter comment la découverte de la cuisine l'a sauvé, ou Marie Desplechin narrer la vie de la Comtesse de Ségur qui a écrit son premier roman passé cinquante ans. Et j'ai remarqué que ces artistes ne peuvent que constater le mystère qui les unit à leur passion sans avoir totalement envie de le percer.

©Anaïs Brunet


SCÉNOGRAPHIE DU DÉTAIL ET DE L’ÉCART
Je vois la feuille blanche comme un espace en trois dimensions à investir, un terrain à bâtir, une pièce nue à meubler. Pour moi il n'y a aucune différence entre l'architecture et la scénographie : il s'agit de concevoir un espace dans lequel des gens vont pouvoir évoluer. Donc quand je veux mettre en images une histoire, je me demande quel sera le décor idéal. Une petite pièce sombre ? Une clairière dans une forêt ? Une terrasse ou un terrain vague ? J'ai un plaisir immense à entrer dans les détails en choisissant la variété des arbres que je plante dans le décor ou le motif du papier peint dont j'enduis un mur pour rendre au mieux une ambiance.
La scénographie et l'illustration ont d'autres points communs comme la question de l'écart avec le texte (qu'est-ce que l'image va apporter de plus que le texte qu'elle sert?) ou celle du cadre et du hors-champ (pourquoi est-ce que je montre certaines choses au lecteur quand je lui en cache d'autres? Puis-je jouer avec lui et le pousser à imaginer ce qui se passe en dehors du cadre?).

©Anaïs Brunet

L’ARRÊT DU CŒUR : PREMIÈRE LECTURE
Cela a été merveilleux de découvrir le texte d'Agnès Debacker. Tout y est impressionnant : le choix de sujets difficiles pris à bras-le-corps, le ton direct et si juste du narrateur, la délicatesse et la pudeur dans la description des émotions, l'humour et le suspense.
Ce qui me touche particulièrement, c'est qu'une grande partie du roman se déroule dans l'imaginaire de Simon. Sa grande amie Simone est décédée brutalement, et il ne sait plus vers où se tourner pour continuer à vivre avec elle. Son premier réflexe est de mener une enquête minutieuse en s'appuyant scrupuleusement sur les faits établis. Mais il comprend rapidement que cette démarche le conduit à une impasse. Pour connaître le présent, l'avenir et le passé de Simone, il faudra qu'il accepte de lâcher ses certitudes et qu'il se hasarde sur des chemins de traverse. La magie contenue dans une théière, la mémoire fluctuante des différents témoins de la vie de Simone, l'amour sans faille qu'il lui porte vont l'aider à trouver sa vérité.

COULEURS D’UN TEXTE ÉTOILÉ
Ma première préoccupation fut de trouver, littéralement, une couleur pour ce roman. Le thème de la mort pouvant être effrayant, pas question d'en rajouter en allant vers des gris ou des rouges. J'ai choisi une gamme de pastels pour la douceur, de l'ocre et de la terracotta pour la chaleur, un peu de bleu marine et de noir pour apporter du contraste.
Ensuite, je voulais un parti pris graphique fort qui serve de fil conducteur. J'ai choisi de décliner sous de nombreuses formes le motif du terrazzo. Cette technique de construction qui consiste à couler dans du béton des fragments de marbre avant de polir le tout a connu un âge d'or dans les années 50 à 60, c’est-à-dire au moment de la jeunesse de Simone. Je vois tout à fait son charme désuet emplir l'appartement de la vieille dame. Actuellement, ce motif revient en grâce et j'ai très envie de l'utiliser. Enfin, il faut dire que c'est un matériau mystérieux qui peut révéler des surprises. On peut marcher dessus sans y prendre garde, mais on peut aussi l'observer de près et y découvrir la grande variété des petites pépites qui s'y logent. Vu de loin, il prend l'aspect d'un ciel étoilé et invite à la méditation. Il a donc bien des qualités pour accompagner l'histoire de Simon et Simone.

©Anaïs Brunet

L’arrêt du cœur ou comment Simon découvrit l’amour dans une cuisine
Agnès Debacker
Illustrations d’Anaïs Brunet
Polynie

En librairie le 21 février

vendredi 15 février 2019

AGNÈS DEBACKER, L'INCONNU DE L'HISTOIRE (Seconde partie de la rencontre autour de L'arrêt du cœur ou comment Simon découvrit l'amour dans une cuisine)


©Anaïs Brunet 
Je sens bien que demain ou disons dans quelques jours, j’aurai très certainement envie de revenir frapper à sa porte pour entendre encore une fois, encore une toute petite fois, l’histoire de Simone affalée dans sa cuisine. Cette histoire, décidément, je l’écouterais jusqu’à m’en dégoûter les oreilles.


LES MOTS
Rétrospectivement, si je pense à Simon, c’est un personnage qui n’accepte pas de ne pas comprendre. Il refuse l’absence de sens inhérent à l’existence et à la mort. Pour lui, tout doit s’expliquer rationnellement. Il est en train de se rendre compte de l’impossibilité de son désir, alors il lui reste les mots, les récits, mais aussi les rencontres, l’amitié. Les mots, les humains, les mots des humains qui nous parlent, qui nous écrivent pour tenter de sortir la tête de l’eau, de ne pas se noyer dans la nébuleuse insensée qu’est la vie et pour y mettre nos significations, nos directions et nos sensations aussi savoureuses que possible.

PARLER POUR AVANCER
Parler des morts pour qu’ils vivent encore un peu, je n’y crois pas vraiment. Si Simon a tant besoin des mots et des récits, ce n’est pas pour tenter de garder Simone à ses côtés. Il sait pertinemment que rien ne pourra la faire la revenir. (II a bien vu des hommes en noir descendre son cercueil six pieds sous terre). Si Simon parle et écoute, c’est pour comprendre l’incompréhensible puis avancer, avancer sans Simone.


©Anaïs Brunet 

LA TRACE DES MORTS
Je n’ai pas encore approché la mort de trop près mais le peu que j’en ai vu, ce qui m’interrogeait le plus c’est comment celle ou celui qui reste supporte d’être entouré des objets qu’ils ont côtoyés ensemble. Si cela devait m’arriver, je donnerais tout. Je partirais dans un endroit vierge, pas comme si l’autre n’avait pas existé mais pour avoir une chance de survivre sans lui ou sans elle. C’est peut-être un leurre, une vaste mascarade, mais quelle horreur de tomber chaque matin sur le bol de l’autre, son mug préféré, ou je ne sais quoi d’autre. Je garde les histoires, les mots, parce que je ne peux pas m’en débarrasser mais je jette les objets. Enfin, ceci dit je suis contente de rentrer dans un musée et d’approcher de prés une relique ayant appartenu à quelqu’un qui m’intéresse. En effet cela permet la mémoire et l’histoire sans lesquelles nous ne serions que des coquilles vides. C’est sans doute une question de temps. Le temps du deuil, une étape de ce temps -là. Dans un premier temps je jette tout et on verra après. (Bon, je ne jette pas n’importe où. Je jette dans un endroit accessible). Aujourd’hui, c’est ce que je ressens. J’écrirais peut-être tout le contraire dans une autre histoire. Quand je serai plus vieille ! 

— Simone a rencontré Farid en 1953. Tous les deux faisaient les marchés. Elle avait vingt-deux ans et lui vingt-cinq. Elle vendait des fleurs, lui, des légumes. Ils se sont fréquentés. Sortis ensemble, si tu préfères. En cachette, parce que Simone avait peur de se faire enguirlander par son père. Elle craignait que Farid ne lui plaise pas parce qu’il était algérien. Quelques mois après leur rencontre, la guerre d’Algérie a éclaté. Tu as déjà entendu parler de la guerre d’Algérie ?


L’INVITATION DE L’HISTOIRE
En effet, il n’y avait aucun souhait au départ. (Enfin si, plein, mais pas celui-là…). Avec ce texte, j’ai la sensation d’avoir vraiment expérimenté le hasard, l’inconnu dans l’histoire, écrire sans connaître ce qui pourrait advenir. Farid est arrivé et avec ce prénom et son âge, la guerre d’Algérie. Je ne dis pas grand-chose de cette guerre, mais je suis contente de la nommer. À travers le regard des adultes, j’avoue mon ignorance et à travers elle, le déni, le mensonge d’une nation et de ses autorités. Je ne dis pas grand-chose de cette guerre parce que ce n’est pas mon propos en tant que tel, mais je pense qu’elle a plutôt intérêt à s’inviter dès qu’elle peut !

©Anaïs Brunet 


UNE ÉCRITURE DÉLIBÉRÉMENT SENSIBLE OU LA PLUIE SUR LE CORPS
Oui, peut-être, une matière sensible plus accentuée. Notamment parce qu’en mettant ce texte sous le regard avisé de mon premier lecteur, j’ai souvenir qu’il me réclamait « du corps ». J’ai entendu une fois un libraire dire d’un auteur : « au moins, lui, quand il écrit qu’il pleut, on est mouillé ». La formule m’a plu et je comprenais aussi le « plus de corps », de « sensorialité » réclamés par mon lecteur. Alors, oui, j’y suis vigilante. Quand j’écris, mes personnages, mes scènes sont présents à ma table, alors parfois j’oublie de les décrire, de leur donner une consistance dans l’écriture. Un livre a décidément besoin du recul de quelques regards affûtés et vigilants pour pouvoir cerner ce qui manque (comme ce qui encombre). C’est bien connu, quand on a le nez dedans…

©Anaïs Brunet 


CUISINE ET CONFIDENCES
Comme pour la guerre d’Algérie, elle est arrivée par hasard, cette cuisine. J’imaginais assez bien Simone à l’intérieur en train de se préparer du café. Mais dans mon esprit, elle n’a pas forcément une importance plus grande que le salon, ou le couloir, ou la chambre de Simon. En effet c’est l’endroit où l’intrigue se dénoue, où les choses finissent par se savoir. Dans ma vie, la cuisine est une pièce où souvent les choses sont dites et découvertes. Un lieu de confidences par excellence. Un espace où tandis que le monde continue de tourner avec bienséance dans le salon, des petits ou de grands secrets s’échangent. J’adore les cuisines ! J’aime tout ce qu’on y fait, lieu de gourmandise et donc de vie par excellence. Alors, forcément…


©Anaïs Brunet 

L’arrêt du cœur ou comment Simon découvrit l’amour dans une cuisine
Agnès Debacker
Illustrations d’Anaïs Brunet
Polynie

En librairie le 21 février

mercredi 13 février 2019

AGNÈS DEBACKER, AVOIR UNE AVENTURE

Le début d’une histoire ou comment Agnès Debacker fait battre les cœurs de tous pays dans une petite cuisine : rencontre autour de L’arrêt du cœur ou comment Simon découvrit l’amour dans une cuisine (Première partie)

©Anaïs Brunet 

POINT DE DÉPART, POINT FINAL
Le point de départ de cette histoire est : la mort. Pardon pour cette réponse un peu brute de décoffrage mais c’est la réalité. Je suis obsédée par elle. Je la vois rôder partout, tout le temps. Je la vois emmener les gens autour de moi. C’est une compagne un peu pénible et encombrante. Je l’occupe en l’infiltrant dans mes histoires. 

« C’est comme ça, c’est la vie, elle était vieille, son coeur a lâché, ce sont des choses qui arrivent, elle n’a pas souffert, elle a eu une belle mort… » Ouais, c’est ça une belle mort, tu parles ! Moi, je suis sûr qu’elle aurait bien aimé pouvoir s’enfiler encore une bonne centaine de tartines à la confiture de framboises.


SIMON VOISIN, SIMONE VOISINE
Je vais démarrer par un aveu. Ces deux prénoms similaires ne sont pas du tout volontaires. Je les ai lus comme tels suite au premier message reçu de la part de mon éditrice. Ils étaient accolés dans son message, chose qu’ils ne sont jamais dans le texte. Sur le coup, cela m’a un peu ennuyé. Il y avait une sorte d’effet de style qui n’est pas mon style justement. À vrai dire, je ne sais pas trop pourquoi je n’ai pas modifié le prénom de l’un ou de l’autre. C’est comme s’il était trop tard, comme si ces deux protagonistes existaient avec ces prénoms et qu’il ne m’appartenait plus de les changer… On est loin d’avoir tous les pouvoirs quand on écrit.
Pour l’anecdote, j’ai vécu le même genre de péripétie avec mon premier roman Ma chère Alice. J’ai confondu une chenille avec une limace…
Simon est un jeune garçon d’une dizaine d’années. Il sort doucement de l’enfance. Ce moment de la vie où les adultes sont des personnes importantes, essentielles. Des humains auxquels on s’accroche de peur de perdre pied. Tour à tour, dans le meilleur des cas, ils sont une projection, une assurance, un réconfort. C’est ce qu’est Simone pour lui. (Les autres adultes aussi d’ailleurs, à des degrés différents. Les adultes sont plutôt sympas dans cette histoire…)
Sa vision du monde commence doucement à changer. Les adultes descendent un peu de leur piédestal et d’autres figures et centres d’intérêt nouveaux apparaissent. Des lieux, des espaces où l’adulte n’a plus tellement sa place (l’adolescence en somme).
Simone est une vieille dame extravagante et débonnaire. Ce personnage représente pour moi la mamie idéale. Celle que j’aurais adoré avoir. Elle a de l’humour, elle est cultivée, elle sait écouter, elle n’est ni hautaine ni désabusée, elle aime la vie et surtout, elle est libre. Libre autant que la chaîne, dont elle connaît la longueur, le lui permet. (C’est une phrase de Cavanna : « La liberté, c’est connaître la longueur de la chaine »).
Simone est la nounou occasionnelle de Simon (un peu moins aujourd’hui, Simon n’est plus un petit enfant). Ce qui les relie ensuite, eh bien c’est l’amour ! Ils s’aiment beaucoup ces deux-là. D’un amour sincère, simple, émouvant et touchant. Le contraire d’un amour filial ne tenant que sur un lien du sang sans consistance et sans saveur. 

Je me rends compte à quel point c’est horrible d’être là sans Simone, sans l’entendre, sans la voir. Je réalise, planté là dans son salon et entouré de ses objets, que plus jamais nous ne cuirons ensemble des gâteaux au gingembre et aux fruits confits immangeables, que plus jamais on n’explosera de rire avec sa bougie qui pète quand on souffle dessus, qu’on ne dansera plus jamais le tango en écoutant un disque d’Astor Piazzolla, dit « Hector la Pizza », qu’on ne jouera plus ensemble à la bataille pendant des lustres, que plus jamais je ne pourrai tripoter la peau douce et flétrie qui pendouillait de ses gros bras.


©Anaïs Brunet 

UNE THÉIÈRE AVEC DES PATTES DE CHAT
Cette théière représente un pacte avec ce qui nous reste de l’enfance et ses croyances fantasmagoriques et chimériques. Elles existent et elles n’existent pas. Les enfants aiment y croire, mais ils ne sont ni dupes ni idiots. C’est le principe du jeu. Il nous construit, nous donne une place dans le réel en s’appuyant sur l’imagination. Cette théière est donc à mi-chemin entre le réel et l’imaginaire, c’est le symbolique en quelque sorte, l’objet qui nous permet d’approcher le réel, sa beauté et sa cruauté, en douceur, à pas de chat pour ne pas se cramer d’emblée…

Je me souviens de nos petites cérémonies. Simone n’était jamais aussi sérieuse que lorsqu’elle déposait son billet au fond de la théière. Ensuite, elle tassait les petits papiers blancs « pour qu’il y ait toujours de la place », disait-elle. Et pour finir, avec une grande délicatesse, qui ne lui ressemblait pas vraiment, elle reposait le couvercle. Le petit tintement dû à l’entrechoc résonne encore dans mes oreilles. J’aimais beaucoup ce bruit. Il signait la fin de la cérémonie et l’étendue des possibles : nos souhaits étaient à présent entre de bonnes mains, ne restait plus qu’à attendre qu’ils se réalisent.

©Anaïs Brunet 

AMOURS AU PLURIEL ROMANESQUE
Mon sentiment est que vivre ensemble est une illusion. Surtout depuis qu’on en fait un slogan à tout va. On vit les uns à côté des autres davantage qu’avec. On se regarde plus souvent en chien de faïence qu’avec un regard enamouré. On vit en vase clos, avec les gens qui nous ressemblent. La rencontre avec l’autre, celui qui semble éloigné de nous, de nos coutumes, de nos valeurs, de nos caractéristiques physiques est une exception. Et je suis complètement dans ce schéma. Il me suffit de regarder les gens qui m’entourent, ceux que j’aime… Je ne lutte pas contre cela, je le constate, mais je profite des histoires pour inventer un monde où des gens soi-disant dissemblables pourraient se connaître et s’aimer. Je profite des histoires pour oser faire ce que je ne fais pas dans la vie. Je profite des histoires pour être aimable, tolérante et curieuse de l’autre.

Mais il y a l’odeur. Y songer me donne du courage. Cette chère odeur de chez Simone. Je vais humer l’air à m’en étourdir et ainsi la graver à tout jamais dans ma mémoire. Les jours de tristesse, je l’appellerai à la rescousse et elle calmera ma peine. Non, la mort n’est pas la seule à rôder dans cet appartement. 

L’arrêt du cœur ou comment Simon découvrit l’amour dans une cuisine
Agnès Debacker
Illustrations d’Anaïs Brunet
Polynie

En librairie le 21 février

lundi 11 février 2019

PRIX SORCIÈRES CATÉGORIE CARRÉMENT PASSIONNANT
MILLY VODOVIĆ DE NASTASIA RUGANI




©Frédéric Marais


Un revolver, des coquelicots, des milliers de coccinelles dans une chaleur épaisse, l’atmosphère vénéneuse du roman de Nastasia Rugani vous saisit immédiatement et vous happe presque malgré vous dans ce que vous savez être une tragédie… Milly Vodovic est une fillette de douze ans que l’on n’oublie pas. La première rencontre est décisive: «Reine suprême des emmerdeuses» aux yeux de son frère Almaz, cette gamine n’a peur de rien ni de personne… enfin, presque. Milly est forte et fragile à la fois; le corps et l’esprit en alerte permanente, elle vit autant d'événements avec les humains qu’avec d’autres êtres: elle affronte Swan Cooper, se dispute avec son frère Almaz, croise Popeline, se confronte au Mange-coeur… Le lecteur fasciné se laisse envoûter par l’écriture somptueuse de Nastasia Rugani qui réussit à rendre le noir si lumineux, si violemment coloré que rien ne semble impossible, et l’on pourrait s’y perdre facilement si elle ne nous guidait pas sur le fil, tels des funambules entre réalité et étrangeté. Un roman fort qui laisse des traces indélébiles…
Citrouille Hebdo


Catégorie CARRÉMENT BEAU MINI : Une super histoire de cow-boy, de Delphine Perret, aux Editions Les Fourmis Rouges
Catégorie CARRÉMENT BEAU MAXI : Petit soldat, de Pierre-Jacques Ober et Jules Ober, aux Editions du Seuil
Catégorie CARRÉMENT PASSIONNANT MINI : La légende de Podkin Le Brave, naissance d'un chef, de Kieran Larwood, aux éditions Gallimard Jeunesse
Catégorie CARRÉMENT SORCIÈRES FICTION : Duel au soleil, de Manuel Marsol, L'Agrume Éditions
Catégorie CARRÉMENT SORCIÈRES NON FICTION : Musée des museaux amusants, de Fanny Pageaud, aux éditions L'Atelier du Poisson Soluble


VOTRE THÉIÈRE BAVARDE À VŒUX
Concours en librairie L’arrêt du cœur ou comment Simon découvrit l’amour dans une cuisine d'Agnès Debacker


©Anaïs Brunet
Enfant, j’ouvrais les vieilles soupières poussiéreuses abandonnées sur les buffets dans l’espoir d’y trouver des petits mots doux ou l’empreinte d’un inconnu, raconte Agnès Debacker.
Dedans, il y avait souvent des pièces de jeux perdus, des dés à coudre, des OPNI, des Objets Perdus Non Identifiés, mais de petits papiers blancs, jamais. Sans doute l’idée de la théière à vœux m’est venue pour me venger de tous ces mots inexistants ou introuvables. Puisque les secrets écrits à la dérobée ne se laissent pas attraper facilement, puisque rares sont les chanceux qui trouvent une bouteille jetée à la mer sur un coin de sable, alors créons nos propres surprises, faisons mentir les soupières muettes. Substituons-les par des théières bavardes.
J’ouvre le jeu, je glisse un vœu : faites que l’immeuble en face de ma fenêtre arrête de pousser.


Aussi, nous vous proposons de poursuivre l’histoire avec Simon et Simone et d’installer dans votre librairie une théière bavarde, de toute couleur et de toute matière, avec ce petit mot (ou dans l’esprit, car les Polynies ouvrent les imaginaires) : Théière à vœux, glissez-y un vœu accompagné d’un prénom (réel ou fictif).

Puis :
1. Avant le 21 mars, sélectionner trois vœux extraits de la théière, qui vous semblent parfaitement remplir leur rôle de fabrique à désirs, même, et surtout, de manière extraordinaire.
2. Les adresser à nouvellesdepolynies@gmail.com, avec, si possible, une photographie de la théière en pièce jointe.

Trois librairies gagnantes recevront chacune deux ex-libris numérotés d’Anaïs Brunet et un exemplaire dédicacé par Agnès Debacker.

Les neuf désirants gagneront, quant à eux, un exemplaire dédicacé de L’arrêt du coeur ou comment Simon découvrit l’amour dans une cuisine, adressé à la librairie. Les vœux seront par ailleurs publiés sur le blog Nouvelles de Polynies.

Et pour tous, une exposition des originaux d’Anaïs Brunet peut être organisée dans votre librairie, avec rencontres éventuelles en présence des auteure et illustratrice.

Beaux bavardages



Simone a chez elle une grosse théière rouge émaillée appelée « la théière à vœux ». Elle trône fièrement au-dessus de la gazinière entre la salière et le moulin à poivre. Depuis que je sais écrire, j’y glisse une multitude de petits papiers blancs. Sur chacun d’eux sont écrits un souhait et mon prénom.
− Si tu n’écris pas ton prénom, me disait Simone, comment veux-tu qu’elle sache, la théière, pour qui est le vœu ? Espèce de nigaud à plumes !


L'arrêt du coeur ou comment Simon découvrit l'amour dans une cuisine
Agnès Debacker
Illustrations d'Anaïs Brunet
Polynie, MeMo

En librairie le 21 février