samedi 13 juillet 2019

jeudi 11 juillet 2019

LA VAGUE À L’ÂME
Rencontre avec Frédéric Boudet
Propos recueillis par Chloé Mary

DEUXIÈME PARTIE : COMME DES FRÈRES





Arrête de te faire croire que tu ne sais pas où tu en es. Tu es paumé parce que tu as laissé ta mère te fabriquer un petit enfer de grâce et d’oubli. Brûle tes foutues boîtes. Moi je vais attendre ici que l’on vienne me chercher, « C’est l’heure de la cantine, monsieur Jack », et je mettrai mon doigt dans le cul de ces infirmiers qui ont tant de poils sur les bras que ça me donne envie de les mordre jusqu’au sang, de leur arracher leur peau de lapin pour dégager l’homme qui est là-dessous – c’est un enfant qui pleure, oui, je sais Adam. Alors prends ton enfant qui pleure sous le bras et tire-toi d’ici tant qu’il est encore temps. Va embrasser ton père sur le front une dernière fois, si ça doit t’aider à trouver l’illumination. Tu sais quoi, Adam, tu fais chier à copier la geste de ma déroute, elle m’appartient, je t’aime, alors tu fais chier.

CHEMINS DE VIE AU BOUT DE LA DÉFERLANTE
C’est encore une histoire d’Odyssée, celle de Télémaque qui doit devenir le « héros de son propre film », reste donc à l’inventer, à inventer sa vie, son Odyssée (dont la racine, qji est celle du prénom Ulysse, peut s’entendre comme « douleur » en grec, fascinant n’est-ce pas ?) et il est trop facile de croire qu’elle est déjà écrite, « il faut écrire sa putain de vie ! » dirait Jack.
C’est en substance ce que leur enseignent sans le savoir « les mecs sur leur planche ». Le charabia de Jack, qui est tout sauf un délire verbal, qui semble dire tout et son contraire (seule son aversion pour les surfers paraît inaltérable, parce qu’ils sont le mur contre lequel il bute), révèle en fait en Jack ce génie intuitif, à qui comme souvent chez les êtres d’exceptions il manque la « méthode » pour réussir à vivre vraiment la vie, dont il pressent qu’elle existe là, quelque part, tout près. Il cherche comment la saisir, et la langue pour le dire. Cette langue, magique, qui fait qu’au moment où on dit le monde, on le comprend – et on s’en saisit donc, on y agit, on y règne enfin. C’est une quête philosophie, spirituelle, pas morale (Jack se fout des impératifs de vérité, seul l’éblouissement compte). Les surfers semblent détenir un semblant de réponse, ils sont « une image qui dit quelque chose », ils sont une révélation. Jack la perçoit, mais pas totalement, il manque le dernier virage, la dernière vague, il a le mot ultime collé sur le bout de sa langue. C’est ce qui le précipite, ce défaut de langage, ce « hoquet », dans les arcanes brumeux des hôpitaux et des maisons de santé mentale, où il n’a pourtant rien à faire.
Adam, quant à lui, coud inlassablement les mots les uns aux autres, puis les colle sur les murs, comme on crache par terre sans trop savoir pourquoi. Ce qui lui fait défaut, c’est le courage de ne pas faire que coudre et postillonner des mots, mais devenir ses propres mots, il faut qu’il devienne le citron qui nage jusqu’à l’océan Indien – voilà ce que Jack veut qu’il comprenne enfin, pour eux deux, car Jack semble penser qu’Adam réussira là où lui va échouer. Mais je ne crois pas du tout que Jack veuille être maître en l’art de la défaite, non, c’est tout le contraire, Jack veut le triomphe, il veut être Ulysse (pas Achille, qui en boudant, meurt de colère et d’humeur noire). Mais il pressent qu’il va échouer, que quelque chose fait qu’il échoue déjà. Il pressent que sa lignée est de celle qui meurt sous les murailles de Troie, quand d’autres, plus malins, plus rusés, plus libres peut-être, peuvent triompher, quitte à errer dix ans ensuite avant de rentrer s’emmerder à la maison. Jack échoue-t-il d’ailleurs ? Pas certain… Il est peut-être ce Mentor/Athéna qui guide Adam, et non un simple mortel.
Quant à l’enfant qui pleure, c’est celui qui est au plus proche de la vague, il en est à peine sorti, il faut l’écouter, pour ça, c’est le premier conteur. Il faut l’écouter, le vénérer, et le combler, mais aussi le dépasser, car il a une tendance maladive à vouloir revenir en arrière, et on ne le peut pas, il faut avancer avec la vague, aller au bout de la déferlante. C’est ce que tente Jack, mais il se perd, ses hautes fréquences ont englouti son enfant qui pleure, il est lourd et gonflé de ses trop-pleins de fulgurances, de visions, il ne parvient pas à surfer, à moins que…

L’OMBRE FAMILIÈRE DE JUMEAU SEUL
Quelle drôle et énigmatique chose que ce Jumeau Seul… Il y a là matière à parler peu, mais à écrire beaucoup peut-être, je suis sur le sujet, ces temps-ci, de quoi cela voudra bien accoucher, l’avenir le dira…
Jack et Adam sont comme des frères, ils sont frères comme le sont Tom Sawyer et Huckleberry Finn, une fraternité qui et celle des corps jeunes, vigoureux mais épuisés qui se reposent, offerts tout entier au murmure de la rivière, à l’ombre des arbres de la forêt, après qu’on a franchi montagnes et précipices, qu’on s’est battu avec les loups, qu’on a boxé avec les fantômes et qu’on leur a goulûment botté le cul. Pourtant, comme chez Mark Twain, on sent qu’une séparation est à l’œuvre. Et si elle est douloureuse, ils ne vont pas contre ce qu’ils pressentent comme étant le cours naturel des choses. Le monde entier est là, devant eux, et il est plus vaste que la famille, que la fratrie, que l’amitié elle-même peut-être. Mais ces destins qui poussent l’un ici, l’autre là, n’empêchent pas d’être liés pour toujours, et de prendre soin, en effet. De l’autre, des autres, à défaut d’être parfois capable de le faire de soi-même. Adam est à l’écoute, il s’imprègne, il ne force pas, il est doux, il est plus Tom que Huckleberry, il ne contraint jamais sa mère à avouer ce qu’elle ne peut même pas s’avouer elle-même. Il ne croit pas en la vertu de la colère, du ressentiment, peut-être à tort parfois, car il faut savoir aussi hurler au visage de ces foutus tourments pour qu’ils prennent peur et vous quittent. Mais Jack est là qui veille, car il n’est pas en reste en matière de soins. Bien sûr sa méthode tient plus du coup de poing et de la vocifération, mais il accueille les angoisses et les questions d’Adam, il l’aide à faire le tri, à avancer. Quant au « grand soir », il est évident que pour ces deux-là, il ne peut arriver qu’à l’aube, quand la lumière reprend possession du monde, chasse la magie par trop noire des nuits.

Jack sourit, allume un mégot trempé, il fait rouler la pierre de son briquet sous son pouce, le crissement taille un chemin de sable dans ses os, sa mâchoire crispée, son crâne entrouvert à l’écho muet de la nuit. S’il avait un frère, il s’appellerait Adam.
Si j’avais un frère, il s’appellerait comme toi, pauvre type.
Adam ouvre sa fenêtre, la silhouette de Jack tassée là-bas sur le toit de sa maison, des lueurs blêmes, belles, tout autour de lui la ville comme une couronne.
Si j’avais une sœur, elle s’appellerait Jack.
Petit malin, ça fait combien de temps qu’on se connaît tous les deux ?
Tu es né juste une minute avant moi, c’est ce que je l’ai lu l’autre jour dans le marc de café, ça fait presque quinze années que je dois supporter ton supposé droit d’aînesse.
Il entend le rire de Jack, il fixe le point incandescent derrière lequel il devine ses lèvres charnues, les deux hublots aveugles de ses lunettes de soleil, trous noirs où la matière disparaît.
Si tu osais plonger ta main dans les vortex qui me tiennent lieu d’yeux, tu palperais le cul trempé du bon Dieu !
On entend une sirène au loin, un navire de guerre, puis le feulement sépulcral d’un énorme animal enfoui dans la vase, il y cherche la trace des siens perdus depuis des millions d’années ; là-bas, juste à la jonction des eaux noires de la rade et de l’océan, le corps blotti contre l’écume d’un oiseau de mer, virgule blanche, indécise, morceau d’étoffe qui, peut-être, leur dévoile quelque chose. Enfin, ils dorment. Muscles déliés, voix au repos. Une lumière tendre, tissée de leurs respirations mêlées, luit aux fenêtres de leur chambre, juste avant l’aube.

JACK GÉANT BALANCIER
Jack, « géant balancier » ? Oui, c’est une image très juste, je crois, et ce malgré le chaos et le déséquilibre qui, en apparence, semblent être sa nature même. Jack est trop grand, trop gros, trop immense pour n’être qu’un simple mortel, un simple personnage. Il n’occupe pas l’espace, il est l’espace, il est le monde rentré de force dans une carcasse, certes de deux mètres et de cent kilos, mais pour qui le jeu de l’incarnation ne fonctionne pas totalement, les êtres comme lui s’y sentent à l’étroit, ça craque de toute part.
Jack, à vrai dire, nous échappe, il m’échappe, c’est vrai de tous les personnages, mais là c’est au centuple, Jack est bien plus grand que moi et que mes désirs d’écriture ! Je crois qu’il est certainement l’une de ces divinités grecques, en visite à Brest, il est Athéna prenant les traits de Mentor pour guider le jeune Télémaque/Adam. Mais il est également Krishna qui, dans la Bhagavad-Gita, la partie centrale du Mahabharata, enseigne en pleine bataille à Arjuna, le héros guerrier pris de doutes, la haute sagesse de la vie. Il est Ganesh, le dieu éléphant hindou puissant et colérique patron des écrivains et des artistes. Et il est Poséidon, bien sûr, dieu des mers et des océans, et « ébranleur de la terre » (c’est sans doute pour ça qu’il dit beaucoup de mal du père d’Adam, Poséidon voulait la perte d’Ulysse, qui avait crevé l’œil de son Cyclope de fils, Polyphème, qui en grec veut dire « bavard, qui parle beaucoup », un digne fils de Jack donc !). Peut-être, au final, est-il ce dieu inconnu, qui n’a de nom que celui qu’il veut bien se donner, et qui se consume pour donner à Adam la force de trouver en lui la possibilité de vivre, de créer, de chanter, de façonner quelque chose plutôt que rien. Ce qui étonnant quand vous écrivez, c’est à quel point les choses ne vous appartiennent pas. Les prénoms de Jack se sont imposés à moi. Et quand j’en ai cherché les origines, ce que j’ai trouvé m’a saisi, tant ça faisait sens. L’origine hébraïque du prénom Nathan est le mot « cadeau », et celle de Jack, « celui que Dieu favorise », ça va bien à Jack, n’est-ce pas ? Quant à Jacques, cela vient de « talon » (Achille encore…), ou « remplacement »  je reconnais là le don pour le symbole, et la facétie philosophique, de Jack. Ce qui est certain, c’est que cet adorateur du dieu Rayban est tout sauf une « victime », il déteste ce mot bien sûr. Il se laisse aller parfois, peu, à la lamentation, mais aussitôt il pénètre tout habillé dans les flots pour nager dans le cœur du monde, pour baratter et être baratté par l’être. Pas plus victime du système psychiatrique, à qui il ne reconnaît pas plus ni moins d’intérêt qu’à une boîte d’allumettes, une baignoire, un scorpion, une tasse à café, c’est un élément du monde parmi d’autres, une île à explorer comme d’autres. Seuls le flux, la force, la lumière, le surf existent et comptent.
Adam lui est la fragilité et la beauté de l’incarnation humaine. C’est notre frère à tous, non ? J’ai mis quelque temps à me rendre compte qu’il portait le nom du premier homme, celui qui a été « viré » du Paradis parce qu’il voulait vivre sa vie. Contrairement à ce que l’on croit, Dieu a trouvé que, dans le fond, fuir l’ennui mortel du paradis était une fichue bonne idée (idée à mettre au crédit d’Ève). Il n’a mis Adam dehors que pour la forme, pour l’inciter à se secouer un peu (Ève parfois ne suffit pas à vous faire vous bouger les fesses). Car il savait que l’idée de quitter le paradis, ce « petit enfer de grâce et d’oubli » comme le dit Jack de l’enfance d’Adam figée par le deuil morbide maternel, était bonne. Malgré la souffrance, ou grâce à elle, le premier homme allait enfin pouvoir créer le récit de sa vie, donc la littérature – et Dieu cesser de s’ennuyer ferme.

− L’escroquerie, Adam, la véritable escroquerie, c’est que personne n’avoue jamais la nature de sa relation au torrent de tourbe qui nous traverse. Nous ne savons pas à quoi nous en tenir quant à ce qui se trame au fond de la culotte de nos contemporains. Idem des boulettes extraites chaque jour de leurs narines, elles rebondissent pourtant par millions sur le plancher du genre humain. Qui s’en soucie ? Qui a tâché de recenser ça ? Nulle part tu ne trouveras trace de cette phénoménologie-là.

LA ROUE TOURNE
Jack comme je l’ai dit ne se pose en victime de rien, ce mot n’existe pas dans son vocabulaire, comment pourrait-on être victime d’un récit que l’on invente ? Donc personne ne veut le faire disparaître, aucun « système » psychiatrique, à qui il dénie toute velléité d’existence propre. S’il est enfermé, c’est par le cosmos lui-même, aucun médicament, qu’il prend par poignées ou pas du tout, aucun infirmier ne peut le contraindre. Bien sûr, c’est aussi un peu une métaphore de la liberté, qui est force vitale en nous. Et mieux vaut certainement ne pas trop flirter avec la chimie, légale ou non, avec les institutions psychiatriques, si on le peut. Jack nous enjoint à croire toujours qu’on le peut. Mais parfois certains souffrent trop et chutent, oui, le surf de la vie n’est pas un sport sans risque, pour certains c’est une déchirure, une torture même.
Jack ne sort évidemment pas de nulle part, il a toujours été là, en moi, dans mon parcours, mes rencontres, et en la littérature, qui voit et sait tout. Il y a un peu en lui de l’Ignatius de John Kennedy Toole, qui a donné vie à l’un des personnages les plus fous et les plus insupportables de la littérature (avant d’inhaler les gaz d’échappement de sa voiture, pour conjurer, si j’ose dire, le refus des éditeurs de publier l’un des textes les plus dingues du XXe siècle). Il y a du Lennie, simple d’esprit à la force surnaturelle, dans Des Souris et des hommes de Steinbeck (Adam et Jack, Georges et Lennie Small, qui est l’esprit simple des deux ?). Il y a du Zorba le Grec, colosse libre, poète, dionysiaque dans le roman de Kazantzakis (que j’ai lu il y a trop longtemps, à relire donc). Il y a du McMurphy, le rebelle criminel imaginé par Ken Kesey dans Vol au-dessus d’un nid de coucou, et du Chef aussi bien sûr, l’Indien géant mutique que McMurphy va éveiller à lui-même. Peut-être même y a-t-il un peu de Patrick Batman, le trader fou d’American Psycho de Bret Easton Ellis, dans sa démesure, sa folie, et ses obsessions, comme celle de la fonction descriptive et maniaque de la langue. Et il y a du Huckleberry Finn aussi, celui du roman éponyme, bien sûr.
C’est vrai que je cite là des livres de littérature générale. Pourtant, il me semble qu’en littérature jeunesse, rien ne devrait être tabou. Tout est possible : prenez les séries que regardent les 13/17 ans, Sex Education, The End of The Fucking World etc., ou les paroles des rappeurs US et français, ça déménage ! Et je connais des lycéens qui n’ont pas attendu d’avoir le bac pour lire Henry Miller, Bret Easton Ellis, Burroughs ou Céline, et heureusement. La littérature pour ado est peut-être un peu conservatrice, frileuse, un peu pudibonde dans ses thématiques ? Elle devrait peut-être sortir de son obsession pour les vampires, les dystopies informatiques et les cœurs brisés de cours de récréation ? Ça répond à un besoin, ceci dit, c’est respectable, moi-même je suis plutôt bon public, mais je crois que les ados rient un peu sous cape (c’est-à-dire sur Instagram ou Whatsapp) quand ils voient ce qu’on pense de leurs soi-disant centres d’intérêt. A seize ou dix-sept ans, certains n’ont bientôt qu’une envie, c’est d’explorer la nuit à l’autre bout de la ville, et bientôt le monde, non ? Certains éditeurs devraient peut-être sortir un peu si j’ose dire (heureusement certains le font), fouiller sur les réseaux, écouter un peu de rap. Il faut prendre des risques, sans quoi on va rater les prochains auteurs intéressants, et au final les maisons d’édition vont se faire « ubériser » elles aussi par les prochains Netflix de la création littéraire. « Faites gaffe, la roue tourne ! » nous dirait Jack.



mardi 9 juillet 2019

jeudi 4 juillet 2019


LA VAGUE À L’ÂME
Rencontre avec Frédéric Boudet
Propos recueillis par Chloé Mary

PREMIÈRE PARTIE : DEBOUT SUR CES FOUTUES VAGUES





Le toit de la maison de ses parents était couvert d’une mousse grise. Entre les branches de deux bouleaux, j’apercevais la cuisine où sa mère passait la plupart de son temps à préparer des plats que Jack et son père ingurgitaient sans échanger un mot. L’angle de vue était tel que je ne voyais en fait que l’évier et une porte de placard qui s’ouvrait et se refermait. À l’étage, le velux de la chambre de Jack était ouvert. Lorsque nous étions enfants, il grimpait sur le toit et m’adressait de grands signes. Je passais mon temps à rêvasser devant ma fenêtre en attendant qu’il se montre. À quinze ans, quand il est devenu un géant de deux mètres, il s’extirpait tant bien que mal de la fenêtre pour s’asseoir sur le toit et fumer un joint avant l’aube, après que nous étions rentrés de nos explorations dans les rues, à propager mes manifestes littéraires hallucinés. J’avais découvert le street art au collège, la démarche iconoclaste de Banksy et celle de Shepard Fairey, et je collais des autocollants un peu partout, diffusant compulsivement des messages obscurs tels que « Il est temps Karine de rosser la vertu », « Ton vécu est leur salle à manger, repeins-le ! ». Jack me suivait dans mes pérégrinations, collant de travers, mais toujours prêt à aller voir au bout de la prochaine rue si nous pouvions trouver le mur ou la vitrine parfait. Installés, lui sur son toit, moi sur le rebord de ma fenêtre, nous échangions des propos décousus par une sorte de télépathie dont nous gardions jalousement le secret. Nous fumions chacun de notre côté en tentant de deviner les pensées de l’autre. Il gagnait à chaque fois ou presque.

OUVRIR LE TIROIR
Surf a connu une longue genèse. Je crois qu’on s’échine sur le clavier des heures, des jours, des années durant pour ne faire que chercher, fouiller, ramener à la lumière les mêmes choses, dire les mêmes obsessions (et peut-être donner à entendre, avec un peu de chance, quelque chose qui fasse sens). J’avais donc pour projet, après avoir publié un recueil de nouvelles, de donner plus d’ampleur à l’un des textes, No fear, où un père disparu ne laisse que peu de choix à son fils abandonné : manque, compulsion nostalgique, désespoir rampant, absence de cap, au sens où les marins l’entendent, étaient déjà le ferment du récit. L’image, car il y en a une, c’était ce type qui, adolescent, ivre mort, en fugue sur une petite île écossaise perdue, suppliait le répondeur de son père, enfui depuis des années à l’autre bout de la terre, de lui répondre, d’enfin lui parler.
C’était un roman destiné aux adultes. Le texte s’appelait Petit garçon. Brest, l’océan, les réserves indiennes, tous les éléments étaient déjà présents. Un texte très sombre, où peu de la lumière qui joue sur les vagues perçait. Pour maintes raisons, il est resté en jachère des années, dans un état oscillant entre l’aboutissement et l’inachèvement qui, sourdement, me murmurait : « Tu ne pourras pas m’oublier dans un tiroir, passer à autre chose – tu me reviendras ».
J’y suis donc, évidemment, revenu, une première fois, trois ans plus tard, contraint presque malgré moi à voir ce qui se jouait là. Beaucoup de choses ont changé, en premier lieu les personnages, les deux amis d’enfance sont devenus deux frères, la disparition du père « disparaissait », si j’ose dire, du récit, puis revenait, inexorablement. Le texte avait pris pour titre l’Art de la défaite, c’était toujours très sombre. Trop sans doute.
La métaphore du Surf et le titre sont nés quand, presque cinq ans après, l’idée, très simple, m’est venue d’aller voir plus précisément ce que mes personnages, grands blessés approchant de la quarantaine, avaient pu être, faire, penser, espérer à l’âge de dix-neuf ans. Quand, malgré les douleurs que parfois la vie inflige, la vie bouillonne dans les veines, quand la certitude d’être immortel (cela peut être une malédiction, aussi) et le désir de posséder le monde, à sa façon, sont encore là, bruts, impérieux. Il ne s’agissait plus de comprendre et de décrire comment, adulte fatigué, on se prépare à se laisser couler, au sens de sombrer, définitivement. Mais bien comment, adolescent, on essaie de se tenir debout sur ces « foutues vagues » comme dit Jack. Comment on refuse d’être maltraité par le destin. Comment même l’idée du destin, d’un passé qui conditionne votre existence, d’un présent comme un fruit à moitié pourri dans vos mains, d’un futur qui ricane en vous échappant, sont des idées que vous réfutez à dix-neuf ans, que vous voulez balancer à la mer, à coups de pied et de poings s’il le faut.

Ce qui compte n’est pas de parvenir à surfer sur ces foutues planches, mais de déchiffrer ce qu’elles nous donnent à voir : des silhouettes dressées sur un morceau de carton, tentant de retenir l’eau qui fuit sous leurs pieds mais qui, découvrant soudain l’abîme, battent furieusement des bras et des oreilles pour se réveiller. Tu veux connaître la vérité ? Ces types n’oseront jamais aller jusqu’au bout du rêve — ce sont des canards qui ignorent qu’ils sont des anges.

SE TENIR DEBOUT, EN PLEIN DANS LE DESTIN TEXTUEL
Il y a certainement dans ce texte l’idée que malgré la difficulté de vivre, la douleur, les doutes, les peurs, il faut y croire, il faut tenir, ça n’est pas l’ombre ou le désespoir qui mènent la danse, mais la lumière, si on le veut – et il faut le vouloir.
Adam et Jack ont dix-neuf ans, c’est l’âge des dangers et des possibles : l’enfance nous a quittés, un océan de désirs nous tend ses vagues, mais on se sent autant chétifs et apeurés que magnifiques et grands. Adam et Jack savent ce qu’ils ont déjà perdu, mais ils ont l’intuition de ce qu’ils peuvent gagner. Ils sentent que tout est à faire, que derrière la glu des jours et des doutes, les ravines et les sentiers sans issue du passé qu’il faut abandonner, coûte que coûte (c’est là l’épreuve donnée à Adam par le récit de sa vie), mais sans tout briser (c’est là l’épreuve de Jack), il y a un monde immense. Tout ne sera pas possible, mais se résigner, lâcher, renoncer, serait la pire des choses, la moins excitante, la moins littéraire. On ne peut pas voler des tonnes de livres chaque mois dans la librairie de sa ville natale et se contenter d’une vie atone et rancie !
C’est intéressant que vous parliez du destin, cette notion si chère aux Grecs. Il est probable que ce texte, comme beaucoup de choses que j’écris je crois, se soit déployé (sans que j’en sois très conscient) dans les lumières méditerranéennes et universelles de l’Odyssée, dont l’intime sujet n’est jamais tout à fait là où le croit. C’est l’apanage des très grands textes, chacun peut y voir l’entièreté de ses obsessions et de ses quêtes.
Pour moi, ce texte est le récit d’une disparition, et d’une quête. Échappée du père, et « en-quête » du fils. Ces deux-là sont liés. Ils sont les deux faces d’une même interrogation, d’un même impératif de parvenir à se saisir de soi, et des choses, pour être vraiment, c’est-à-dire être au monde, dans le monde.
On a donc Ulysse, un homme disparu qui cherche désespérément qui il est, et dont je suis convaincu que son désir de « rentrer à Ithaque » n’en est pas tout à fait un, il est une métaphore de la quête de soi qui l’anime, qui nécessite de partir, de fuir, de ne pas parvenir à revenir. Cette longue dérive (après ce combat sans fin devant les murs de Troie), c’est la description magnifique des vingt et quelques années qui occupent un homme quand il quitte les rivages de l’enfance et de l’adolescence, et qui doit en quelque sorte dévorer et être dévoré par le monde avant que d’aborder l’âge mûr (préfiguration de la pente qui s’incline, ou de la vague qui glisse, vers l’ultime métamorphose). Mais, bien sûr, ça n’est pas si simple : l’Odyssée est le récit de l’homme tiraillé, meurtri, indécis, fragile, pris entre son envie d’explorer le monde, de le posséder, de s’y perdre à l’infini - c’est une quête d’extase et de connaissance, c’est une ascèse érotique, c’est la flèche brute de la vie qui cherche sa cible - et son désir de rentrer à la maison, de faire souche, de tisser à son tour le cocon de la famille, de s’étendre à nouveau aux pieds des arbres qui l’ont vu grandir – c’est là que naît le désir de la paternité, de la transmission.
C’est cette tension insoluble qui fait fuir le père d’Adam, mais, lui aussi, revenir toujours. Par les lettres qu’il écrit, et qui finissent par arriver, par « revenir » vers Adam, comme Ulysse a fini par le faire lui aussi. Car s’il a à la fois les traits du « salaud », du type qui se fout de tout sauf de lui-même (Ulysse lui non plus n’a pas que des vertus…), son père lui a également donné et montré ce qui compte le plus, l’intuition et le désir de la trajectoire à construire. Le récit à reconnaître, et à vivre. C’est ce que comprend Adam quand il dit « J’ai toujours espéré une chose : que tu reviennes pour me montrer le chemin. Je sais aujourd’hui que tu l’as fait. Tu m’as pris dans tes bras tant et tant de fois pour me montrer le chemin, avant de partir, je sais maintenant que tu l’as fait ». Adam, Télémaque de la presqu’île de Crozon, à son tour peut vivre, dès lors que l’alchimie de la disparition opère et dévoile ce qu’elle permet symboliquement : la transmission, l’effacement pour laisser la place, dévoiler ce qui se déploie là. Récit du père, et du fils donc (reste à se poser la question de la mère bien sûr…). Surf, au fond, c’est un peu un remake de la Télémachie de l’Odyssée, ces quatre premiers chants qui entament le récit et narrent les voyages de Télémaque parti à la recherche de son père, pour savoir s’il est vraiment mort, oui ou non. Et si oui (et manifestement, la lettre reçue par Adam le confirme), s’il peut survivre à ça, et surtout, comment il peut vivre avec ça. La réponse (que contiennent en creux les vers d’Homère), c’est cette transmission qu’Ulysse fait à son fils, cette même transmission que le père d’Adam lui fait, transmission du défi et du désir de vivre pleinement, d’oser vivre pleinement, sinon quoi ? Mais mieux vaut ne pas me lancer sur le sujet de l’Odyssée, je risque sinon de ne pas pouvoir achever de répondre à votre question avant des nuits et des jours, ce texte est un peu ma bible personnelle !
Quant à l’écriture, c’est un récit dans le récit, ou plutôt c’est le récit du récit. Donc oui, c’est une exploration, un élancement, et une déroute parfois, un long processus qui n’en finit pas d’avorter, et de naître. On y rencontre, on y combat, on y féconde autant de nymphes que de démons, on y aborde sur des rivages magiques autant qu’on y saborde navires et illusions, et on y apprend surtout à faire corps avec le corps fou des vagues. Et parfois, dans une crique où le bruit et la fureur suspendent leur concert, on y entend un ou deux souffles qui font comme un bourdonnement, un murmure : c’est le début d’un chant, et peut-être qu’on tient enfin le commencement d’un livre. Puis on le perd. Alors on recommence. Surf sans fin…

J’étais là depuis des heures. Toute la nuit à observer les allées et venues des vacanciers, le pas lent des routiers. À guetter que quelque chose se passe. À boire du thé glacé. Je n’avais pas eu envie d’aller plus loin. La télé diffusait les infos en boucle, son éteint. Le serveur de nuit avait fini par me trouver bizarre, il m’avait bombardé de questions : pourquoi tu ne cherches pas une voiture, tu vas où, tu vas jusqu’à Brest, tu devrais faire du stop, ne reste pas là tout seul, tu me fiches le cafard.
Puis il m’avait foutu la paix. Il m’avait apporté un sandwich et une carafe d’eau, m’enjoignant d’un geste à garder les quelques euros qui me restaient. C’est glauque ici, non ? Tu ne devrais pas passer ta nuit à broyer du noir sur des aires d’autoroute. Je bosse ici tous les jours mais elles me foutent le moral à zéro. Tous ces parkings et ces pompes à essence identiques. Les boutiques, les cafétérias, jusqu’aux parterres de fleurs qui se ressemblent tous, partout du nord au sud. Et les tables et les plateaux-repas en plastique, les sandwichs et les gobelets en plastique, les toilettes les machines à cafés les lumières même sont en plastique, tu ne trouves pas que tout est en plastique, ici ? il m’avait demandé en ouvrant grand les bras. J’avais regardé, n’osant pas lui dire que si, je trouvais que tout avait l’air en plastique. Et que c’était justement ça qui me plaisait.

GUETTER AVANT LA BASCULE DANS LA GRANDE INCONNUE
Il y a un très grand auteur qui a saisi, et de quelle façon, ce moment de « contemplation abattue et désirante » qu’est l’adolescence parfois, c’est Salinger. J’ai relu, encore très récemment, L’attrape-cœurs, et le moins qu’on puisse dire est que Holden traine dans un New York littéraire, presque aussi morne et banal que Brest peut l’être pour Adam, cette morgue dépressive, à contre-rythme et en même temps sublime, d’un cœur tout empli de frais, de mauvaise humeur et de doutes, un cœur épris si puissamment et si maladroitement du monde. À cet âge sublime où tout se joue, mais où on ne sait encore rien (donc on peut tout), on ne saisit pas encore comment on peut l’entreprendre, ce monde (au sens où on « entreprend » une femme dans une soirée, mais voilà un terme bien vieilli !).
Donc oui, tout est mouvement, et bascule, trajectoire. Même si parfois, juste avant le mouvement, il y a un arrêt, un suspens, et ce balancement sur soi-même du « j’y vais, j’y vais pas », certains diraient « autisme », j’appelle ça « nécessité de la transe ». C’est ce qu’on entend au début du récit, cette hésitation d’Adam, à accepter enfin de jouer avec de nouvelles cartes, pas avec le vieux jeu tout racorni qui a été le sien durant l’enfance et l’adolescence, jouer avec le vrai jeu de la vie adulte maintenant. Et mieux vaut y aller un bon coup, au risque sinon de n’avoir que des rêves et des jours tout petits, une vie faite de bouts de gazon proprets et insipides. Ça donne envie, ça donne même très envie, mais la peur fait parfois croire qu’on va se planter, ou qu’on est déjà condamné à du pas grand-chose, à de l’échec même pas sublime. C’est ce que Jack tente d’enseigner à Adam, écouter ce qui vrombit sous la planche, qui les aspire, qui les charme, pour qu’il ose, pour eux deux. Mais il faut lâcher les conditionnements inutiles, les cadenas posés sur le désir, sur la pulsion de vie sourde qui veut jaillir fort en eux. Dans ce mouvement, dans cette trajectoire qui sera aléatoire, il y a aura des vaguelettes, des calmes plats, des déferlantes et des rugissants, mais tout est mieux que la mort clinique qui semble guetter Adam au début du récit, ou la démence clinique qui tente d’emprisonner Jack.
L’autre raison qui explique cette hésitation, cet élan contrarié, suspendu, c’est, je crois, la quête d’Adam. Depuis des années en effet il attend que « quelque chose se passe », il attend le retour de son père. C’est donc tout l’opposé d’une quête, c’est la passivité totale, c’est la mort ou presque. Sans doute parce qu’il est convaincu qu’il a été « abandonné », ce qui n’est pas faux, mais tant qu’il se dit ça, il est presque un mort-vivant, comme sa mère. Et au début du récit, soudain, quelque chose survient : son père meurt, il est mort, il ne reviendra pas. Mais, quelque chose perturbe cette annonce cruelle : les lettres. Je crois qu’elles disent exactement le contraire, non pas l’abandon, la perte, le néant, mais l’amour, le lien exprimé, vécu d’une façon que l’on peut juger bien égoïste, bien peu responsable, certes, mais Adam, lui, en saisit l’essence profonde. C’est la révélation de l’existence de ces lettres qui va lui permettre de grandir. Comme Ulysse, son père, par ses lettres, est « revenu », il délivre son message, elles déclenchent un mouvement, lent, une bascule définitive vers le monde. C’est sans doute pour ça qu’il a tant de mal à en parler à sa mère, il doit comprendre profondément ce qui se joue là, avant même de lire toutes les lettres. Adam a compris que la transmission a eu lieu, il comprend, encore très confusément, ce que son père lui a donné, montré. Et, en quelque sorte, il n’a plus besoin de lui, il va enfin pouvoir vivre sa propre vie.


Bientôt, avec Jack ils s’échapperont la nuit, pour couvrir les murs de phrases sibyllines. La vie les attend, dehors. Malgré la peine, malgré l’ennui. Parce que la peine, parce que l’ennui. Jack clame qu’ils doivent se jeter la tête la première dans le corps palpitant des choses, que c’est la seule façon d’échapper à l’idée que l’existence est un sac à merde. Pour Adam, c’est la seule issue à la peur qui guette au fond, à la panique du chemin qui n’existe pas, à la route qui ne mène nulle part. Ne pas rester figé sur un banc de pierre, seul, pour l’éternité.


Suite de l’entretien, deuxième partie : Comme des frères

jeudi 27 juin 2019




À Adam, de retour pour les vacances, Brest n’a pas grand-chose à dire. Toujours au loin les grues du port, plus près, entre les toits des maisons, le même morceau d’océan, plus près encore le pavillon familial en un décor inchangé, avec au centre cette drôle de licorne maternelle, en manteau gris cintré, échappée de son zoo mental.
Ici, il faudra fuir les heures qui se trainent, comme Adam sèche les cours de son école de graphisme, comme la vie se débrouille sans enthousiasme.
Hors cadre, pourtant il y a des braises sonores sous les cendres. Emballé dans du plastique, un paquet de lettres fait résonner la voix de son père volatilisé et bel et bien définitivement disparu. L’ami télépathe, Jack-Nathan, ce géant de deux mètres, qui derrière ses Ray-Ban traque ces pauvres canards de surfeurs, avant de bouffer du sable et de s’évader de nouveau, exhorte Adam à arrêter de confesser les pop-corn et à se tirer loin de son petit enfer de grâce et d’oubli. Et il y a la vie enregistrée en sa plus infime sonorité déglinguée par Aeka, aussi furieusement allumée que Jack, les mots brûlants de Katel, les bouffées d’enfance.
Tout parle en fait. Maintenant, c’est à Adam de raconter.



Surf de Frédéric Boudet
Couverture de Brecht Evens
Grande Polynie, MeMo

En librairie le 22 août

mardi 11 juin 2019


La petite épopée des pions d'Audren
Prix Littéraire de la Citoyenneté 2019 (Éducation nationale)





« Les Pions vivaient dans le noir, rangés dans un élégant coffret en bois de rose et ronce de noyer. Ils se contentaient de ce confort rassurant et n’avaient jamais envisagé de quitter la boîte rectangulaire qui les abritait et les réchauffait depuis toujours. »
©Cédric Philippe

dimanche 2 juin 2019


Prix des lecteurs Sécheron-Montbrillant

Milly Vodović de Nastasia Rugani






Prix Manuel Azaña

Vendredi ou les autres jours de Gilles Barraqué





samedi 25 mai 2019


PRIX DES LYCÉENS-EFFETS DE PAGES

"Milly Vodović" de Nastasia Rugani




dimanche 28 avril 2019


JAVA DE MOTS SUR POMBO COURAGE


©Clémence Paldacci

L'amitié entre deux ours, aux caractères et envies bien différentes, est développée dans ce roman tout de vert vêtu de façon fort intéressante et peut être sujet à discussion avec le jeune lectorat. (…)
Emile Cucherousset, dont j'ai déjà fort aimé la plume dans Truffe et Machin, n'a pas son pareil pour décrire l'ambivalence du lien amical, fait d'agacements, de petits compromis  mais aussi de partage, d'envie d'évoluer mutuellement...jusqu'au sauvetage d'un ami en bien mauvaise posture, malgré sa peur. L'idée de perdre l'autre vous donne alors des ailes de courage. POMBO COURAGE.
La narration de cette histoire ressemble au vécu : jusqu'où aller pour sauver un ami au nom de l'amitié ? Jusqu'où deux amis peuvent se rejoindre dans leurs différences ? N'est-ce pas ce lien qu'il faut sauver avant tout ? 
"Réveiller le courage tapi en chacun de nous" : voici le message de cette histoire. 
Se réconcilier aussi. Etre heureux de s'être rencontrés. Le savourer. 
Les illustrations de Clémence Paldacci m'ont émerveillée par le souci des détails, la douceur estompée des couleurs, les mimiques des deux ours, dans cette aventure au cœur de la forêt. Elles rencontrent parfaitement le texte et l'éclairent de leur tendresse. Leur côté désuet des livres de mon enfance traduit aussi le caractère immuable de l'amitié, dans sa capacité à traverser le temps et à concerner tout un chacun.
Voyager en Polynies, quel bonheur de lecture assuré !
Méli-Mélo de livres

Savoir se dépasser
Un roman premières lectures pour les enfants aimant l’aventure dans la collection polynie.
Pombo courage d’Emile Cucherousset  et de Clémence Paldacci
C’est l’histoire ou plutôt la péripétie de deux ours : Pombo et Java.
Le premier aime rester chez lui et a le vertige, le deuxième veut une cabane au-dessus des arbres. Pour que ce souhait se réalise, Java va demander de l’aide à son ami.
Le plus courageux n’est pas forcément celui que l’on croit…
Petit roman sans chapitre entourée des illustrations champêtres de Clémence Paldacci : Avec mon aventure avec A l’ombre du grand arbre, j’ai appris à aimer autant que les autres blogueuses la forêt, c’était donc bien parti.
J’ai aimé le côté intrépide de Java et la prudence de Pombo et leur complicité qui permet d’avoir juste le bon équilibre. Une façon poétique d’aborder avec les plus jeunes le dépassement de soi et le sens de l’amitié.
L’atelier de cœurs


©Clémence Paldacci


Après mon coup de coeur pour Hamaïka et le poisson de Pierre Zapolarrua illustré par Anastasia Parrotto, je suis retournée gaiement faire un tour en Petite Polynie. Cette fois-ci, direction la forêt. 
Que nous réserve cette nouvelle aventure?
De bien jolies choses, je vous le dis tout de suite.
(…) Il y a un petit côté rétro dans les dessins de Clémence Paldacci qui est tout à fait charmant. Grâce à elle, la forêt verte et accueillante où vivent Java et Combo nous enveloppe de son feuillage foisonnant et l'on a envie de venir mettre les pieds au chaud dans la maison de notre héros.
Au fil des branches et des arbres, on y croise aussi des oiseaux, des insectes et tout un tas d'autres petits habitants des bois. L'oeil est attiré par de nombreux détails. 
Une fois passée l'émotion suscitée par cet univers graphique chargé de souvenirs, j'ai pu m'intéresser de plus près à l'aventure imaginée par Emile Cucherousset.
(…) Les petits lecteurs se laisseront sans aucun doute séduire par cette jolie histoire. Chez nous, le charme a opéré.
HashtagCéline




*** 🐻POMBO COURAGE 🐻*** 🐻Pombo est un ours rêveur bien dans ses pantoufles, il aime son rocking-chair et son petit confort. Son ami Java est tout le contraire, casse-cou, aventurier et curieux de tout. Sa nouvelle idée ? Une cabane dans les arbres pour voir encore plus loin, les merveilles que la forêt peut offrir. Il a besoin de l’aide de Pombo pour sa construction, mais comment convaincre monsieur pantouflard ? 🐻Un petit roman pour les jeunes lecteurs, une histoire originale de la plume d’Emile Cucherousset et magnifiquement illustrée (les détails et les couleurs !) par Clémence Paldacci aux Edition MeMo dans la collection Petite Polynie dirigée par Chloé Mary.
Val et ses livres
©Clémence Paldacci

Les illustrations de Clémence sont d’une mignonnerie (soupir-sourire)… Quant au texte d’Emile, il demande à être semé, partagé, aimé. Décidément la collection « Petite Polynie » de chez MeMo ne cesse de nous surprendre amis blogotionautes 
Cette lecture, adressée aux enfants de 7/8 ans (et à lire à voix haute aux plus jeunes dès 5 ans : un régal) aborde de douces et riches valeurs : l’amitié, le partage, le don de soi, le courage…
Pombo est un ours oisif, fainéant. Il aime sa tranquillité, son douillet confort, observer (un peu), rêvasser (beaucoup); ses seuls efforts : manger et se rendre au lit. Alors quand son ami, l’intrépide et vigoureux Java, lui demande de l’aide pour construire une cabane en haut d’un chêne vertigineux pour contempler le lointain, l’ailleurs, comprenez l’incompréhension de Pombo et sa (non-)motivation… mais c’est son seul ami…
Ok ! une fois le plancher installé (quelle aventure mes amis !) Pombo rentre chez lui, vexé (et un peu en colère) de s’être fait dupé (je ne vous en dévoile pas plus), se reposer.
Une première lecture sur le dépassement de soi, sur la force & le pouvoir de l’amitié mais aussi sur l’effort, l’adaptabilité à l’autre. Une première lecture pour accepter les différences, éveiller les consciences; pour que cette graine, si essentielle à un monde meilleur pousse, et que germe l’empathie.
La soupe de l’espace


©Clémence Paldacci

Et si on commençait la semaine en partageant un coup de cœur? Voici un petit roman plein de douceur et de bons sentiments (c'est toujours agréable!), mais aussi quelques rebondissements ! Une belle leçon de courage et d'amitié que nous donne Pombo, ours très peureux qui ne veut jamais sortir de sa zone de confort jusqu'à aujourd'hui...
Doucet Jeunesse

Pombo est un ours rêveur, casanier et peureux qui craint plus que tout l'extérieur et ses dangers. Alors quand Java, son ami meilleur ami et parfait contraire, lui demande de l'aide pour construire une cabane dans les arbres, le sang de Pombo ne fait qu'un tour. Mais il saura malgré tout faire preuve de courage au moment propice... Une histoire d'amitié, d'aventure, d'entraide, et de comment vaincre ses peurs. L'écriture d'Émile Cucherrousset est délicatement sucrée, et les dessins de Clémence Paldacci sont d'une candeur à faire fondre les coeurs de pierre. Un trésor de première lecture que ce nouveau roman de la collection Petite Polynie aux @editionsmemo ! 🐻🍉🌷
Anahita Ettahadi


Un court roman délicieux et tendre qui se lit d’une traite. Le récit d’Émile Cucherousset est d’une bienveillance et d’une douceur inouïe ; un vrai baume au cœur. Et les illustrations de Clémence Paldacci, soyeuses et colorées, sont malicieuses, à l’image du texte. On ne peut que tomber amoureux de cet ours en salopette et en pantoufles, pantouflard et froussard, mais si attendrissant. Pombo courage est un joli conte sur le courage et l’amitié, et ces façons inattendues de braver les difficultés.
Livres de Folavril


©Clémence Paldacci



« Pombo courage » est un court petit roman qui fait mouche à tous points de vue : les deux ours sont très attachants, l’histoire simple mais efficace, et les thèmes abordés sont importants. L’amitié, l’entraide, la valeur du travail, mais aussi le courage et le dépassement de soi ressortent de cette histoire toute en douceur, magnifiquement illustrée par Clémence Paldacci.
Une histoire où deux ours complètements différents vont devoir s’entendre autour d’un projet commun : une cabane à réaliser. Et où un pantouflard un brin peureux va se découvrir courageux, face au danger.
A mettre entre toutes les petites menottes de 8 ans et plus !
Histoires d’en lire


Attention deux pépites pour nos jeunes lecteurs !!
Pombo Courage aux éditions Memo 
Mamie fait sa valise aux éditions du Rouergue jeunesse

Libr’enfant


©Clémence Paldacci

C’est avec plaisir que nous nous sommes plongés dans une nouvelle histoire d’Emile Cucherousset, que nous avions découvert avec Truffe et machin. Dans ce roman Petite Polynie (une collection dirigée par Chloé Mary pour les éditions MeMo), magnifiquement illustré par Clémence Paldacci, pas de lapins malicieux mais un ours paresseux du nom de Pombo. (…)
Cette histoire d’amitié entre deux ours aux personnalités bien opposées nous a beaucoup plus. Emile Cucherousset soulignent ici les différences et les qualités qui existent en chacun de nous et nous soufflent que rien ne sert de vouloir être l’autre car celui qui paraît être le plus faible révèle parfois une force jusque alors insoupçonnée – « On a souvent besoin d’un plus petit que soi ».
(…) ce joli petit roman qui donne envie de vivre pleinement, de grimper dans les arbres pour y construire ensemble de belles cabanes afin d’observer le monde qui nous entoure ou y faire un petit somme en sentant le vent chaud nous caresser le museau.
Petite fleur loves books


Alors entre paresse et imprudence, n’existe-t-il pas un juste équilibre ? C’est en tout cas la question qu’aborde ici Emile Cucherousset. Ne devrions-nous pas sortir un petit plus de notre zone de confort? Ou inversement, ne serait-il pas temps de lever un peu le pied ? L’occasion aussi de faire comprendre aux petits casaniers que le monde extérieur regorge de multitudes de souvenirs à se créer et aux petits casse-cous que les arbres de six mètres de haut ne sont peut être pas les plus sûrs pour y construire des cabanes.
On retrouve avec enthousiasme le ton naïf et décalé de l’auteur déjà tant apprécié dans « Truffe et Machin » de la collection – qu’on ne présente plus – Petite Polynie de MeMo. On fond devant les frimousses de nos deux compères grâce à l’illustratrice Clémence Paldacci. Un tout qui donne une belle histoire d’amitié qui prouve que l’on peut partager une tasse de thé devant la cheminée mais aussi une bonne balade en forêt !
P(liées), Julie


Dans une belle langue, riche et tendre, l’auteur raconte une histoire pour éveiller les jeunes enfants à la réflexion. Doit-on se contenter de vivre paisiblement et confortablement, sans fournir le moindre effort mais aussi sans s’ouvrir aux autres, au monde ? Ou bien, la vie est-elle aussi (et surtout) une prise de risque ?
Le blog de Krol


Pourtant, l’aventure n’est pas encore terminée. En effet, il faut redescendre ; Java lui explique qu’ils vont se lancer dans le vide et permettre ainsi la montée du plancher par un système de bascule.
Bien entendu, Pombo refuse et Java, par ruse, entreprend l’opération. Les deux ours atterrissent sans encombre sur le sol mais Pombo est vexé et rentre chez lui sans un regard pour son ami qui lui présente pourtant ses excuses.
Dans la nuit, un déluge survient...
Deux ours avec des caractères opposés, des modes de vie différents ont une amitié très forte, pour laquelle l’un d’eux affrontera ses peurs pour sauver son ami, belle preuve de courage.
Les illustrations douces agrémentent bien le texte.
Opalivres

Pombo Courage est ma petite bulle d’air frais entre deux romans particulièrement durs et sensibles. Ce petit espace entre deux, je l’ai vécu comme une tasse chaude entre les mains un soir d’hiver, comme une couverture que l’on remet doucement sur soi ou un bain moussant. Une sensation de chaleur et de bien être. Savez-vous pourquoi ? Parce que la littérature de jeunesse a le don incroyable de vous faire entendre des vérités avec la douceur d’un bonbon caramel.
Alliant avec plaisir humour et bougonnerie, Emile Cucherousset nous conte une histoire d’amitié et de courage, une fable sur le dépassement de soi, la confiance et la différence. Ce roman de la collection « Petite Polynie » ne fait pas l’impasse sur le langage contrairement à certaines collections s’adressant au même public. Les illustrations, foisonnantes de détails, entre feuillages et branchages, sont d’une beauté époustouflante. Son côté aquarelle lui donne un aspect doux et cotonneux que l’on apprécie grandement au fil des pages. Une véritable invitation à plonger à la suite de Pombo.
En résumé
Pombo Courage est un petit bijou destiné à des enfants entre sept et huit ans. Bercé d’un écrin aquarel aux teintes douces et naturelles, le court roman d’Emile Cucherousset cache un secret : celui du courage et de la lecture caramel.
Les dream-dream d’une bouquineuse


Avec Pombo Courage, Emile Cucherousset célèbre la belle amitié qui fait soulever des montagnes et relever de grands défis. Et, en filigrane, ce texte est une merveille qui se savoure. Il regorge de tournures de phrases originales et de façons de décrire qui le sont tout autant. Et les illustrations de Clémence Paldacci sont tout bonnement fantastiques. On se croirait en forêt et on voudrait nous aussi évoluer de branche en branche… Clémence Paldacci nous transporte au cœur de la nature, on s’y croirait !
En résumé, Pombo Courage est un excellent volume qui vient enrichir la superbe collection Polynie chez MeMo dont je recommande très chaudement la lecture et la contemplation.
Ricochet, Gaëlle Farre


Un petit roman adorable, mignon à croquer pour une histoire tout à fait originale dans un cadre qui plaît particulièrement à Sous le feuillage ;-). Les aventures en forêt j'adore ça et mon loulou fan des ours brun m'a transmis sa passion pour ces animaux parfois grognons mais toujours mignons ! Ici nous avons un Pombo qui nous offre un joli échantillon de ce qu'est la paresse. Mais Pombo c'est aussi du courage dans le coeur lorsqu'une tempête éclate et qu'il faut aller sauver son ami, pris au piège en haut d'un chêne !
Une jolie aventure, aux jolies couleurs naturelles, d'un vert radieux et profond pour mieux explorer les trésors de la forêt, ses couleurs et ses textures ! Les illustrations sont pleines de charme et en complète harmonie avec la délicatesse, la douceur du texte. Puis elles ont un petit côté rétro, effet vieux livre d'enfant à la Richard Scarry. C'est ravissant ! Un texte par ailleurs qui célèbre haut et fort l'amitié, la solidarité, le sens du compromis et l'entraide... qui invite à se faire confiance et au dépassement de soi pour réaliser des rêves et affronter les obstacles de la vie, ceux qui nous mettent des freins. Tendre, bienveillant, attachant et trop craquant ! Un Pombo que j'aime d'amour et qui j'espère sera adoré par mon loulou lorsqu'il aura l'âge requis pour l'apprécier. Une histoire somme toute assez simple mais très importante et efficace dans sa manière de capter l'attention du jeune lecteur et dans les belles valeurs qu'elle véhicule. A croquer !
Sous le feuillage


Pantoufles et tomahawk en forêt !
Une couverture ravissante, une histoire en forme de conte, un roman dans lequel on entre avec le sentiment réjouissant de renouer intensément avec l’enfance – son insouciance, son imagination et sa créativité sans bornes…
Les deux protagonistes de l’histoire ne pourraient pas être plus différents l’un de l’autre, mais nous rappellent forcément des personnes rencontrées dans la vraie vie ! D’un côté, Pombo, incorrigible pantouflard qui préfère vivre ses aventures en imagination, confortablement installé dans son fauteuil à bascule ; de l’autre, Java le casse-cou qui ne tient pas en place et ne recule devant aucun défi. Justement, sa dernière lubie a de quoi donner le vertige à Pombo : il s’agit de construire une cabane au sommet d’un chêne. Leur amitié résistera-t-elle à ce projet téméraire ?
Nous le savions depuis Truffe et Machin: avec son écriture vive et limpide, Émile Cucherousset n’a pas son pareil pour évoquer les jeux enfantins – nous avons pris autant de plaisir à le lire qu’à dévorer les romans d’Astrid Lindgren qui en parle si bien. Les illustrations douces et tendres de Clémence Paldacci donnent un charme irrésistible au roman et rendent joliment hommage à la forêt comme merveilleux terrain de jeux. On regretterait presque de ne plus avoir l’âge de construire de cabanes et de grimper aux arbres !
Les dialogues débordent d’humour et d’esprit :
« – Java, pourquoi faudrait-il que ta cabane se trouve perchée tout là-haut ? Elle est très bien au sol.
– C’est pour voir le lointain, Pombo.
– Le lointain, je n’ai qu’à fermer les yeux pour le voir, Java.
– Ce n’est pas le lointain que tu vois. C’est le fond de ton imagination.
– Si tu crois que mon imagination a un fond… »
Ode au jeu et aux bonheurs simples de l’enfance, l’album célèbre aussi et surtout l’amitié qui transcende les différences, convainc de faire des concessions et peut fournir des ressources insoupçonnées pour parvenir à se dépasser…
Une merveilleuse lecture à voix haute ou un texte à lire seul. Émile Cucherousset parvient en effet à proposer un texte à la fois littéraire et accessible aux plus jeunes lecteurs. Nous vous mettons au défi de ne pas fondre de tendresse !
L’île aux trésors


Ce petit roman illustré par Clémence Paldacci est un régal qui allie bonne humeur, courage et amitié.
Comme Pombo, je vois la vie comme une ode à la paresse mais cette vie serait un peu ennuyeuse si dans mes parages je n’avais pas d’amis comme Java. Ces amitiés sont là pour nous bousculer dans notre quotidien et nous faire passer le message qu’entre amis, la confiance est importante même pour construire une simple cabane en bois.
Ces ours aux caractères opposés ne sont pas amis pour rien. L’un apporte de la sérénité tandis que l’autre apporte ce brin de folie et d’aventure pour que ce duo soit complémentaire.
Encore une fois, je suis charmée par la qualité d’écriture et par le vocabulaire utilisé. C’est un point que j’avais apprécié dans Hamaika et le poisson ,dans L’arrêt du coeur et dans Milly Vodović.
Les dessins amènent une douceur sans pareille. Avec leur côté "vintage", ils illustrent à merveille les pages de ce beau roman.
Mes pages versicolores


Se laisser aller à la paresse, rêvasser, savourer quelques fruits pressés, lire la gazette du jour, boire une boisson chaude, les pieds emmitouflés dans des pantoufles moelleuses, le corps et l’esprit bercés par les bruits de la forêt et un fauteuil à bascule… Telle était la vie sereine de l’ours Pombo, exempte de tout risque.
Son ami Java était d’un tempérament contraire. Toujours en mouvement. Il évoluait parmi les arbres du matin au soir, virevoltait ici et là de haut en bas, se lançait des défis des épreuves, ignorant vaillamment le danger, infatigable… Java était un invétéré aventureux.
Java vint voir Pombo un jour, déchaîné comme d’habitude. Il voulait construire une cabane à la cime d’un chêne, et pour avoir une vue d’exception il avait besoin d’aide. Pombo impavide commence par refuser et puis céde par amitié.
Alors que Java s’active sur le futur plancher, Pombo se contente d’observer… Mais le moment fatidique arrive : l’ours indolent doit servir de contrepoids…
Que l’amitié est forte et belle, si puissante à en soulever des montagnes ! Effort et volonté, courage et générosité. On est toujours là pour son ami, on s’inquiète pour lui, tout le temps. Alors quand les choses se passent mal, on devient invincible… N’est-ce pas Pombo Courage!?
Des mots et des dessins doux et chauds avec plein d’amour dedans.
Les mots de la fin

Du côté de Pombo, les journées sont beaucoup plus calmes et c’est tant mieux ! Cet ours un peu paresseux n’aime rien tant que rester dans son fauteuil à bascule à siroter des boissons chaudes ou froides et rêver à quelques aventures lointaines. (Oui, il nous ressemble beaucoup, nous lecteurs !) Jusqu’au jour où Java vient l’embêter pour aller construire une cabane dans la forêt. Quelle idée ! Malgré sa mauvaise tête et son absence complète d’envie, Pombo accompagne Java mais l’escalade, c’est dangereux, et après une chute, Pombo décide de s’en retourner, fâché contre son ami. Alors qu’il se pelotonne sous sa couette, l’orage éclate. Pombo est bien au chaud dans son lit, mais Java est encore là-bas, dans la cabane… Quelle joie de retrouver l’écriture tendre et spirituelle d’Émile Cucherousset dans une nouvelle Petite Polynie, qui nous propose cette fois de trouver le courage qui existe en chacun de nous. Pombo Courage, c’est aussi l’histoire de deux caractères qui s’affrontent, entre l’ours en charentaise qui ne désire que son confort et celui, intrépide, qui désire l’aventure. Un texte autour de l’effort à accepter l’autre, accompagné des charmantes illustrations de Clémence Podocci, très expressives et aux tons délicieusement désuets. Des images minutieuses qu’on ne se lasse pas d’explorer et on ne peut que vous inviter à découvrir les carnets de l’illustratrice sur le blog de la collection pour s’émerveiller encore plus !
Bob et Jean-Michel


Librairie Récréalivres


Pombo, rêveur casanier un peu peureux, et Java, intrépide cascadeur aventurier, sont deux amis ours que tout semble opposer.
Pombo passe ses journées sur son fauteuil à bascule, devant sa maison, à boire un bol de lait tiède et à rêvasser ; il ne part à l'aventure que dans ses rêves.
Java ne peut rester une minute en place. Il préfère de loin gambader et braver les obstacles que  faire la sieste.
Un jour, Java décide de construire une cabane au sommet d'un grand chêne. Mais pour cela, il a besoin d'aide : Pombo va t-il réussir à quitter son "rocking-chair" et surtout vaincre ses peurs pour aider son seul ami ?
Une première lecture sur l'amitié et la bravoure, illustrée par de charmants dessins.
Coup de cœur pour les illustrations qui permettent au lecteur de s'évader.
Coup de cœur 1.2.3. Loisirs


Difficile de trouver plus différent que ces deux-là: Pombo le rêvasseur, qui ne quitte son rocking-chair que pour rejoindre son lit, et Java le téméraire jamais à court d'énergie pour se lancer dans une nouvelle aventure. Miracle de l'amitié, les deux ours s'entendent bien et se pardonnent la pusillanimité de l'un et l'inconscience de l'autre. Voilà que Java a une nouvelle lubie, il veut construire une cabane tout en haut d'un vieux chêne d'où ils pourront contempler la rivière dans le lointain. Et pour cela, il a besoin de Pombo... On plonge avec ravissement dans cet univers délicat, tant dans la subtilité des caractères et des sentiments que dans les illustrations, ravissants petits tableaux remplis de mille détails au charme faussement désuet. Les dernières images montrant les deux amis se délassant au bord de la rivière, suggèrent que Java et Pombo ont réussi à composer avec leurs différences, conciliant désir d'aventure et besoin de sécurité.
Librairie Sorcière Tiers Temps à Aubenas


Avec truffe et machin, Emile Cucherousset nous avait déjà entraînés dans les délices de l’enfance. Dans Pombo Courage, il récidive et met en avant la force de l’amitié pour notre plus grand plaisir.
Pombo et Java sont deux ours qui vivent dans la même forêt et que tout oppose. Si Java est téméraire et adore crapahuter et grimper aux arbres, Pombo est paresseux et préfère le confort que lui procure ses chaussons bien chaud et n’aime rien moins que rêvasser et dormir. Java aura beau user de toute la force de sa persuasion pour que Pombo sorte de sa zone de confort, il n’obtiendra que l’attitude bougonne et nonchalante de son compère. Pourtant, quand le danger menace, Pombo trouve au fond de lui le courage nécessaire de venir en aide à son ami.
Emile Cucherousset signe un nouveau titre merveilleux autour de l’amitié et du courage qu’il faut savoir trouver au fond de soi pour la préserver. Ses deux héros sont très touchants et il ne fait aucun doute que chaque lecteur sera capable de s’identifier à l’un ou l’autre, ou d’y retrouver ses proches. Le texte est amusant, riche et à la porter des jeunes lecteurs dès 7 ans. Les illustrations de Clémence Paldacci, un brin rétros, viennent compléter le récit avec finesse et douceur.
Sir this and lady that

Pombo, c’est la part de paresse qui sommeille en nous, celle qui face aux menaces du burn-out aspire au repos, à la détente et qui se verrait bien ne plus jamais rien faire du tout. Les activités favorites de l’ourson sont : se reposer, rêver, dormir… Et, éventuellement, manger. Quoi de mieux pour reprendre des forces physiques et morales ? L’inconvénient – enfin, pas pour lui, visiblement ! – vient de la difficulté de Pombo à passer à un autre état, en raison de son dégoût de la prise de risque. Tout le contraire de son meilleur ami, Java, qui lui préfère repousser les limites du possible continuellement. Java a décidé de construire une cabane en haut d’un arbre pour voir loin… Et compte sur l’aide de Pombo, ce qui n’est pas le plus facile, celui-ci préférant débattre des bienfaits de telle ou telle action sans lever le petit doigt.
Sans être moralisatrice ni trop démonstrative, cette histoire fait l’éloge de ces amitiés qui comme toute relation que l’on entretient avec des êtres chers, font bouger nos lignes spontanément, si on sait être dévoué dans l’adversité. Le roman finit donc par une inversion relative des rôles : Pombo est fier d’avoir accompli un acte courageux pour aider son ami et Java est heureux de ne plus rien faire du tout, de se reposer, avant que Pombo ne finisse par récupérer son cher fauteuil à bascule. Le tout  dans une suite de vignettes comiques clôturant l’album, presque comme il avait commencé, avec légèreté, bonhomie et gentillesse.
Peut-être nous conte-t-on, ici, les limites des positions définitives, l’intérêt de la mobilité, du relatif, de la faculté de passer d’un état à l’autre, nous rappelant ainsi ce précepte zen : se tenir près du feu est bon pour se réchauffer mais quand cela nous brûle, c’est qu’il est temps de s’éloigner. Autrement dit, ce qui est confortable n’a pas vocation à nous contraindre à la fixité, ce serait passer à coté d’autres joies et d’autres nécessités, aussi.
Culturopoing
©Clémence Paldacci

Pombo Courage
Émile Cucherousset
Illustrations de Clémence Paldacci
Petite Polynie